vendredi 17 décembre 2010

La nouvelle année

En cette semaine de nouvel an musulman où la fête de Tamkharit a été célébrée, nous avons pu voir la finition du monument dédié à Madame Yvette Parès, entouré de plantes et de fleurs. Une plaque a été posée. Et chacun, ici, se souvient de sa présence parmi nous.








Une présence encourageante, généreuse, attentive et respectueuse de chacun. Nous sommes heureux qu'un lieu, ici, témoigne de cette femme lumineuse. Et nous ferons tout pour que cette nouvelle année qui s'ouvre apporte de nouvelles perspectives de développement à l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar.











Le nom d'Yvette Parès est aussi en bonne place sur le panneau de l'entrée, terminé, lui aussi cette semaine, par Cheikh. Ce panneau que nous voulions bien visible! Avec toutes les composantes de ce qui existe, une fois passé le portail: les consultations des tradipraticiens, la pharmacie et le laboratoire, le jardin botanique et l'école Yvette Parès.







Le puisatier est venu pour estimer les dégâts sur les deux puits endommagés par la saison des pluies. Les travaux de réfection vont pouvoir commencer.



Une nouvelle fois, nous remercions vivement la Fondation Denis Guichard et le Grami pour leur engagement dans la rénovation ou l'entretien de Keur Massar.

Une autre bonne nouvelle à signaler: les travaux de la route (programmés depuis si longtemps!) viennent de commencer. Cela facilitera, sans aucun doute, l'accès au lieu par les transports en commun pour les patients ou les visiteurs. Une route à double voie dans chaque sens est prévue. Les arbres commencent à être abattus pour l'élargissement de la route. La route devrait se prolonger jusqu'à Sangalkam.

Djibril Bâ


mardi 14 décembre 2010

La chronique du mardi au jardin botanique: le tamarinier

LE TAMARINIER

Dans les zones arides ou semi-arides, au nord et au centre du Sénégal notamment, le tamarinier ne subsiste que par de rares spécimens qui sont sous forme de très grands arbres, donc très vieux.

C’est une espèce fruitière forestière qui a une croissance excessivement lente si bien que la plupart du temps, le tamarinier se présente sous forme de grand arbuste, tout au plus. Toujours vert.

Il se retrouve un peu partout même si sa régénération naturelle est fortement atténuée par la sécheresse, le surpâturage et la surexploitation.




Petite anecdote de l'Hôpital Traditionnel : un thérapeute, collaborateur de l’Hôpital, âgé pourtant de 60 ans et résidant dans la région de Louga, s’est émerveillé à la vue de notre pépinière de jeunes plants de tamarin et a avoué ne jamais avoir vu de sa vie une jeune pousse de tamarinier, encore moins imaginé que cela puisse exister.

Sa raréfaction entraine ainsi une vive concurrence entre les hommes et les singes qui en sont particulièrement friands, et qui en viennent à récolter ses fruits de plus en plus tôt, avant qu’ils ne parviennent à maturité.



De son nom scientifique, Tamarindus Indica, le tamarinier est l’une des plantes les plus mystérieuses de la pharmacopée sénégalaise au point qu’elle est classée parmi les plantes-diagnostic, c'est-à-dire qu'on l’utilise pour déterminer la maladie en cas de doute.



C’est l’arbre des génies, par excellence. Selon la tradition, c’est leur lieu de résidence et de prédilection... Un proverbe wolof en fait d’ailleurs référence : « Quand le génie a envie de tamarins, qui monte sur l’arbre tombe ! »

C’est ainsi qu’il est soigneusement évité par les gens, notamment aux heures de midi et nocturnes. Son bois est tout aussi bien fortement déconseillé comme bois de chauffage. Et frapper quelqu’un avec une branche de tamarinier est ressenti comme l’un des pires affronts.


A ce titre, rien d’étonnant qu’il entre dans l’arsenal thérapeutique des tradipraticiens, des psychiatres en particulier dont un des aspects de leur traitement de la folie consiste à flageller le patient avec des branches de tamarinier!


A ce titre, toujours, rien d’étonnant à ce qu’il soit considéré, dans la croyance traditionnelle, comme une panacée, au même titre que le jujubier chez les musulmans.

A ce titre, enfin, on peut récuser les thèses qui en font une plante introduite en Afrique. Il semble pratiquement certain qu’il s’agisse d’une plante autochtone même si son nom a tendance à l’infirmer.

Les enfants consomment les feuilles et/ou les fleurs en les écrasant et y ajoutant du sel ou du sucre.

Selon feu Dadi Diallo, co-fondateur de l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, cette préparation aurait également des propriétés anti-stressantes en même temps que des vertus toniques.

La macération sucrée de ses fruits est une boisson très désaltérante et revigorante dont la consommation est fortement répandue. Elle s’avère, en outre, un excellent préventif de la méningite.

Ainsi donc, ses fruits, feuilles, écorces ou racines sont utilisées comme laxatif, fébrifuge, anti-infectieux, anti-diarrhéique, fortifiant et fertilisant. Chez le nourrisson, on l’utilise pour inciter ce dernier à l’allaitement.

Il convient de saluer, enfin, les efforts déployés par l’Institut de Recherches Agricoles du Sénégal (ISRA) pour en introduire de nouvelles espèces génétiquement modifiées –comme dans le cas du jujubier- dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Il reste juste à savoir les propriétés médicinales de ces nouvelles espèces.

Bineta Sow, stagiaire

vendredi 10 décembre 2010

Travaux (suite)




Comme il est agréable, non seulement de voir, jour après jour, les changements d'un lieu, son embellissement, mais aussi le regain d'énergie que les changements induisent, la fierté dans les regards, la joie sur les visages!

Et puis, aussi, de pouvoir en rendre compte, presque "en direct" sur ce blog grâce à la technologie, à l'insertion des photos, à la diffusion sur la toile...

Le portail est pratiquement terminé. Ne restent que les indications à inscrire sur le grand panneau maintenant peint.







De loin, une signalisation en évidence, quand on vient de Keur Massar ou du Lac Rose, à plusieurs endroits.

De près, tout près, les murs parlent de ce qui se passe au delà de l'entrée: le langage de la rencontre des médecines, le langage de la santé par les plantes et celui de la médecine traditionnelle. Cheikh ne ménage pas sa peine pour rendre les murs explicites.
















C'est qu'elles sont partout, les plantes, à Keur Massar... Du petit baobab planté pour chaque tradipraticien à l'aloe vera au pied des marches de l'escalier qui monte à l'administration, chaque recoin du lieu recèle des merveilles. Sans parler, bien sûr, du jardin botanique. C'est pour cela que nous avons décidé, avec l'aide précieuse de Binta, de partager nos connaissances, chaque mardi, dans une chronique consacrée aux plantes présentes à l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar.



A tous ceux qui nous donnent régulièrement des retours encourageants, un grand merci!

Djubril Bâ



Film sur Yvette Parès et Keur Massar

A Paris, sous l'égide de Anne, la rencontre s'est faite entre Chantal Perrin qui a filmé Keur Massar cet été, et Thierry Robert qui avait filmé le Docteur Yvette Parès et la vie à Keur Massar en 2002. Les deux cinéastes vont collaborer pour que le film sur Madame Parès et son oeuvre soit le plus complet possible.



Chantal, Anne et Béatrice reviendront en avril 2011 pour compléter le film avec le Keur Massar d'aujourd'hui et avec les enfants et les maîtres de l'école, puisqu'en juillet ils étaient absents. Nous nous réjouissons tous de les revoir!



Evidemment, si l'ami Thierry pouvait être aussi du voyage, ce serait un grand bonheur que de le retrouver, lui aussi...

mardi 7 décembre 2010

La chronique du mardi au jardin botanique: le jujubier



Le jujubier
Le jujubier - de son nom scientifique "zizyphus mauritiana" - est à juste raison considéré comme l’une des identités remarquables de la pharmacopée sénégalaise. En effet, il n’existe pas un tradipraticien qui ne l’utilise au regard des multiples propriétés qu’on lui prête.



C’est une espèce forestière fruitière qui se présente le plus souvent sous forme d’arbuste épineux, mais, dans les zones pastorales où elle est gravement menacée, on n’y retrouve que de rares spécimens localisés essentiellement dans les bas-fonds, sous forme de grands arbres. Parmi les causes de cette menace, on peut citer le surpâturage, la surexploitation ou encore la sécheresse.



C’est qu’homme et bêtes se disputent son utilité. Outre ses propriétés médicinales, l’homme use des branches pour constituer des haies pour les champs durant l’hivernage. Ses fruits sont des baies sucrées comestibles, une friandise non seulement appréciée des hommes, mais aussi des chèvres et des chacals.

C’est un arbuste réputé sacré chez les musulmans en particulier. Le prophète Mohamed (psl)la consacre "Prince des arbres" et le Coran fait allusion au Jujubier du Terme (sidratoun mountaha).

Il est de coutume de l’ajouter à toute préparation médicamenteuse afin d’en multiplier les vertus.



Ses écorces, feuilles et fruits sont invariablement utilisés contre la maigreur (surtout chez les enfants), les maux de ventre, les dermatoses et diverses infections sans oublier ses propriétés résolutives (contre les enflures, les ganglions). On mentionne également de plus en plus ses propriétés anticancéreuses, suite à des recherches menées en Inde.

Djibril Bâ

vendredi 3 décembre 2010

La chronique du jardin botanique : le fromager



Le fromager - de son nom scientifique "ceiba pentandra" ou encore "faux kapokier" - est l’un des arbres les plus majestueux de la savane africaine. On le considère à juste titre comme l’un des plus grands arbres du Sénégal. Il se presente sous un très bel aspect, un tronc longiligne sous une forme cylindrique, parsemé de grosses épines. Il peut atteindre 40 mètres de hauteur.
Cette robustesse peut expliquer les préjugés magiques qui lui sont conférés quand bien même on doit préciser que c'est peut-être là un artifice par lequel les Anciens protégeaient les arbres.
Les graines des fruits sont croquées par les enfants et les feuilles utilisées dans la préparation du couscous par les dames en remplacement des feuilles du baobab.
On lui reproche les épidémies de conjonctivite à l’approche de l’hivernage car c’est à ce moment-là que ses fruits, arrivés à maturité, répandent dans l’atmosphère leurs graines flottantes. Pourtant par ailleurs, son décocté de feuilles est particulièrement renommé pour les affections oculaires !
C’est une plante très connue dans la pharmacopée sénégalaise. Ses feuilles sont réputées contre la diarrhée, les maux de ventre et les blessures de diverses origines.
Les écorces sont utilisées en gargarismes contre les affections bucco-dentaires. On fait porter aux jeunes enfants un collier de ses épines pour conjurer les problèmes de dentition souvent mortels.
A l’Hôpital traditionnel de Keur Massar, en association avec d’autres plantes, on lui reconnait un puissant effet dépuratif.

Djibril Bâ

Travaux (suite)


Il a fait chaud cette semaine. Très chaud sur Keur Massar. Et les travaux avancent vite. Le lieu s'embellit de jour en jour. L'Hôpital retrouve ses couleurs d'antan, le beige et le bleu, ces couleurs qui l'ont toujours caractérisé et c'est un vrai plaisir que de se retrouver dans un vêtement tout neuf.









La réception est repeinte et Cheikh donne tout son talent de peintre pour orner les murs de fresques expressives. Il explique aussi ses idées pour mettre encore plus en valeur le travail des tradipraticiens.





















La salle de réunion, elle aussi, est pratiquement terminée avec ses murs repeints, décorés et son carrelage tout neuf. Tout comme le bureau de l'administration. Et les sanitaires du personnel qui en avaient bien besoin et qui seront
désormais fermées pendant la nuit.

















Le monument souvenir pour Madame Parès, situé à l'entrée du jardin botanique, est peu à peu mis en place.






















Quant à l'entrée, le grand panneau d'annonce des activités de l'hôpital prend forme et n'attend que d'être parachevé par les indications claires. Cela sera fait d'ici la fin du mois de décembre. Le mur d'entrée entre, lui aussi, dans sa phase terminale par un bon coup de peinture, Le linteau a été posé et les camions ne passent plus!



Un immense merci à toutes celles et ceux qui nous aident à effectuer cette renaissance de l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar: les amies et amis lointains, mais aussi les collaborateurs "de l'intérieur"!

Djibril Bâ