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mardi 19 avril 2016

La Chronique du mardi au Jardin Botanique : l'Albizia lebbeck

L’ALBIZIA LEBBEK




L’albizia est une espèce introduite à la fois comme plante d’ombrage, de reboisement et décorative.

Au Sénégal il fait partie des plantes traditionnellement destinées au reboisement et qui ont été détrônées au seuil des années 80 par le neem.

Il a de beaux atouts : il est très résistant, sa croissance est rapide, sa germination est très aisée et il est une bonne source de fourrage et de bois de chauffe.


On évoque également sa capacité de fixateur d’azote qui en fait un bon régénérateur de sols,

Il se présente en grand arbre au tronc beige épais très écailleux.  L’écorce est riche en tanin.

Ses fleurs sont des touffes de poils blanchâtres jaunissant pour donner des gousses longues et aplaties au bout arrondi qui perdurent sur l’arbre longtemps après les feuilles, flottent au vent en émettant un bruit caractéristique et contiennent des graines ovales et plates.


On lui reconnait les vertus d’astringent, émollient et antibiotique.

On utilise son écorce, ses graines et ses fleurs, ainsi, contre l’asthme, la diarrhée, les hémorroïdes et les maladies de la peau.


A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, l’albizia est une plante de la lepre.

Djibril Ba

mardi 3 novembre 2015

La Chronique du Mardi au Jardin Botanique : Le Melia Azedarach


Le Melia azedarach 

C’est une espèce introduite dans notre pays et en Afrique depuis les contreforts de l’Himalaya.

Il est à tout point de vue comparable à l’azidarachta indica – il est appelé faux neem - dont il partage les mêmes caractéristiques d’espèce de fort belle présentation, très résistante, facilement multipliable, à croissance rapide pouvant atteindre une grande taille, produisant des baies non comestibles jaunes à maturité et dont on tire des graines une huile acre et très allergène.

Mais sa renommée y est bien moindre car il passe plutôt pour espèce ornementale. Son feuillage buissonnant d’un beau vert, ses fleurs pourpres et ses fruits passant du vert puis jaunes ensuite au marron.

Le melia azadarach est un insecticide naturel quoique ses feuilles ne soient pas amères comme celles du neem.

Ses propriétés thérapeutiques sont nombreuses : astringent, vomitif, vermifuge, purgatif, diurétique, antispasmodique, antirhumatismal, cicatrisant, antifongique, anti-infectieiux et antipaludéen.

On lui reconnaît aussi une activité antibactérienne, antiseptique, immunostimulante, anti-inflammatoire qui rend son usage privilégié dans les soins dermatologiques, respiratoires et digestifs. 


On emploie ses racines, feuilles, fruits, graines et écorces en infusion, cataplasmes ou bains. Ainsi que son huile dont on se sert pour nettoyer le foie ou les reins.

L’attention des profanes est attirée toutefois sur sa relative toxicité.

A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, le melia est une plante de la lèpre. 

Djibril Bâ

mardi 17 mai 2011

Chronique du mardi du Jardin Botanique: le Neem




Le Nim (ou Neem)
Son nom barbare, Azadirachta Indica, indique bien que c’est une plante introduite au Sénégal en provenance de l'Inde.
Elle a connu ses heures de gloire comme plante vedette du reboisement notamment durant la terrible époque de la sécheresse au Sahel des années 70 et 80. Elle borde toutes les routes nationales du Sénégal.
C'est en tant que plante d'ombrage, rustique, qu'elle a vraiment essaimé et on peut dire aussi que c’est sans doute la plante introduite qui s’est le mieux adaptée au point de constituer une belle forêt à l’entrée de Thiès en venant de Dakar.
Elle a une grande réputation d’insecticide, pesticide et de répulsif naturel :
1. Les feuilles sont brûlées pour faire fuir les moustiques et autres insectes.

2. Les feuilles sont ajoutées dans les stocks de produits vivriers, semences et graines pour éloigner les mites.
3. Les tourteaux agissent très bien contre les termites.
4. L’huile est considérée comme un répulsif naturel.



On lui reconnait quelque usage en médecine traditionnelle au Sénégal, notamment dans le domaine du traitement des accès palustres avec des préparations à base de ses feuilles. Guère plus, car nous devons à la vérité de dire qu’elle n’est pas très bien réputée au Sénégal dans le domaine thérapeutique.

Et pour cause, son amertume en a fait une plante très utilisée dans les avortements clandestins. Si bien qu'on a tendance à la considérer comme un poison. L'azadirachtine est d'ailleurs une substance interdite en Europe.
On rapporte encore son don étonnant de transmettre son amertume à la viande des animaux domestiques qui ont été élevés à ses pieds.
Ses propriétés les plus connues sont vermifuges et fébrifuges. Le macéré des graines donne une potion dépurative, émétique et laxative.


Relevons également que la plante fait toujours l’objet d’une curiosité scientifique qui est à l’origine de découvertes de nouvelles applications. Certains résultats des recherches menées sur les différentes parties de la plante ont mis en exergue l’utilité de la plante dans le cadre de l’agriculture biologique, la cosmétologie et dans le traitement des nouvelles pathologies telles que le cancer.
A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, la plante est utilisée dans beaucoup de nos traitements, eu égard aux nombreuses propriétés que nous lui reconnaissons. Elle est employée comme traitement antilépreux et pour ses vertus antiseptiques et vermifuges dans le traitement du paludisme et des dermatoses.

Djibril Bâ