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lundi 2 juin 2014

Un article du Monde Academie sur HTKM


En février, nous avons reçu la visite de deux journalistes du Monde. Voici leur article, récemment paru.

 http://mondeacstylevous.blog.lemonde.fr/2014/05/19/au-senegal-un-hopital-en-peril-soigne-par-les-plantes/

Au Sénégal, un hôpital en sursis soigne par les plantes


Non loin de Dakar, un hôpital fondé par une chercheuse française s'appuie sur le savoir ancestral de guérisseurs sénégalais à l'égard des plantes médicinales locales. Mais l'avenir de ce centre est menacé. 

L'entrée de l'hôpital de Keur Massar (crédit photo : Rencontres des Médecines)
Comme chaque matin, l'apprenti-guérisseur Moussa Diallo parcourt la brousse apprivoisée qu'est devenu le jardin de l'hôpital traditionnel de la commune de Keur Massar, à 25 kilomètres à l'est de Dakar. Quelques 250 espèces croissent sur 5 hectares. Une feuille de citronelle roulée entre ses doigts, Moussa Diallo hume, sent et cueille des plantes qui surprennent par leur apparence et par leurs propriétés. Les guérisseurs saltingué, (en wolof «ceux qui voient les traitements par le rêve») les ont découvertes au fil des générations, jusqu'à accumuler des trésors de connaissances. «Il est faux de ne vouloir attribuer à une plante qu’une seule vertu», indique d'emblée Moussa Diallo. A titre d'exemple, il cite le baobab : «Ses feuilles sont préparées en tisane pour soigner la constipation. Par contre, son fruit, bu sous forme de jus, peut la créer».  Toutes les plantes de ce jardin extraordinaire trouvent leur place dans la pharmacopée de l'hôpital, qui se charge de leur transformation et de leur vente en produits de soin .

L'aloé vera, une des plantes utilisées pour ses vertus par l'hôpital (G. TRAORÉ)



Une médecine du dernier recours menacée
La médecine traditionnelle africaine est souvent utilisée par les Sénégalais en «dernier recours»,  quand le parcours allopathique des médecines modernes se révèle inopérant, insistent les responsables de l'hôpital. Diabète, hépatite, paludisme, cancer et même VIH  : chaque maladie trouve des moyens  d'être "soulagée" - aucun médecin de l’hôpital n’emploie le terme de guérison. Ces soins ont suscité l’intérêt de noms connus de la  recherche médicale, comme le Pr Luc Montagnier, Prix Nobel 2008 pour sa découverte du virus du SIDA, venu récemment visiter le laboratoire de l'hôpital de Keur Massar, en quête de soins alternatifs dans le cadre des trithérapies.
Pourtant, cette médecine ne se porte pas au mieux, et reste méconnue. En Afrique, seuls huit pays reconnaissent officiellement la pratique de la médecine traditionnelle, que le Sénégal se contente de tolérer. Treize plantes seulement, sur les 250 répertoriées par l’hôpital, sont reconnues par le corps médical sénégalais et les autorités exigent un processus d'homologation compliqué et coûteux. «Les protocoles demandés par les autorités sanitaires doivent être très précis. Par exemple, si on mélange deux plantes déjà homologuées séparément, un autre protocole doit être appliqué. Et on doit tout refaire valider», explique Fabienne Okaoekpen, infirmière homéopathe de Genève et membre de l’association de l’hôpital.

Une léproserie à l’origine
Sans reconnaissance de ses pratiques, l'hôpital de Keur Massar fait face à des difficultés qui lui font craindre pour son avenir. Il fonctionne sans aucune subvention étatique et les dons s’amoindrissent  dangereusement. Le personnel de l'hôpital se bat pour le sauver, ne serait-ce qu'en mémoire de la Française Yvette Parès, qui lui a dédié une partie de sa vie, jusqu’à son décès, en 2009. "Elle a vraiment cru dans les voies qu'ouvraient les savoirs traditionnels", commente Cheik Gueye, directeur de l’école construite dans l’hôpital. Diplômée de médecine et membre du CNRS, Yvette Parès arrive à Dakar en 1960 pour enseigner la médecine à l’université Cheik Anta Diop. Son attention se porte sur le fléau de la lèpre. Selon Djibril Bâ, «elle déplorait que la maladie ait traversé les âges sans jamais avoir trouvé de traitements efficaces». En 1975, elle devient directrice du Centre de recherches biologiques sur la  lèpre de Dakar.  Dadi Diallo, maître guérisseur peul, lui fait découvrir des traitements anti-lèpre tirés des plantes, qui se révèlent efficaces par rapport à l’allopathie.  Ainsi est née sa curiosité pour la médecine traditionnelle africaine.

Pendant quinze ans, elle part aux aurores dans la nature avec des tradipraticiens pour apprendre à distinguer, reconnaître et cueillir les plantes médicinales.   « Il est extraordinaire que des thérapeutes africains aient eu confiance en une étrangère qui incarnait encore le colonialisme », disait celle qui avait su gagner leur confiance.

En 1980, Yvette Parès avait reçu du président sénégalais de l’époque, Abdou Diouf,  le terrain de Keur Massar pour  y bâtir une léproserie, à l’écart des zones habitées. Le centre, qui prendra le nom d’hôpital en 1985, devint une sorte de village avec un bâtiment de 300 lits, un laboratoire, une pharmacie, et une école réservée aux enfants lépreux. Elle ouvre ensuite, en 1995, un bureau de consultations pour tout type de maux.  Petit à petit, la léproserie s’est  ensuite diversifiée.
Aujourd’hui, quatre tradipraticiens exercent au sein de l’hôpital, qui continuent à prodiguer des soins exclusivement naturels.  Une route goudronnée où passent les transports en commun dakarois longe maintenant le site, le rendant plus accessible. L’école s’est ouverte à l’ensemble des enfants de la commune, et affiche dans son entrée les lettres de félicitations du ministère de l'éducation pour son taux de réussite proche du 100%.

Des étudiants venus d’Europe et d’Amérique.
Mais sous le gouvernement de l’ex-président Abdoulaye Wade, l’hôpital a été amputé d’une grande partie de son terrain, et l’espace d’accueil de 300 lits a disparu. Le centre, géré par l’association Rencontre des Médecines , fondée en 1998 par Yvette Parès et reconnue comme une ONG sénégalaise en 2001, maintient  le fonctionnement de l’hôpital et permet la formation de plusieurs médecins et étudiants venus de Suisse, de France et du Québec.
Les étudiants emboîtent le pas des guérisseurs confirmés : la cueillette est faite de «bonne heure», au réveil des plantes, pour en tirer le meilleur. On cultive l’eucalyptus dont l’odeur libère des sinus, ou l’aloé vera pour ses qualités cicatrisantes. «Les  plantes ne s’utilisent  pas seules, leurs combinaisons sont plus puissantes et augmentent leur pouvoir de soin», précise l 'apprenti- guérisseur Moussa Diallo. Le laboratoire, également traditionnel, les met en sachet, en flacon ou les transforme en pommade, selon des recettes jalousement gardées.

Le laboratoire de Keur Massar, où reposent les décoctions (G. TRAORÉ)

Les tradipraticiens, qui avaient l’habitude de transmettre oralement leur savoir d’une génération à l’autre, ont accepté de noter leurs recettes et leur découvertes dans de nombreux carnets. Pendant les préparations, certains prononcent des prières. Un mysticisme respecté à l'époque par Yvette Parès et par les gérants actuels, jusqu’à une certaine limite :  les incantations seules sur les malades ne sont pas admises dans l’hôpital, selon la volonté de la fondatrice.
Mais aujourd'hui, ce que redoute surtout le personnel de l’hôpital, c’est la lente disparition des guérisseurs. «Ce n’est pas une filière rentable», déplore Djibril Bâ , secrétaire de l'hôpital. Les jeunes qui s'intéressent à ce domaine déchantent rapidement quand ils découvrent les difficultés pour vivre du métier de guérisseur, dont le statut n'est pas reconnu au Sénégal ».

Laurann Clément  (Monde Académie)

Pour en savoir plus :
Les sites internet de l’hôpital de Keur Massar et de l'association Rencontre des Médecines
Les ouvrages d’Yvette Parès parus sur le sujet, aux éditions Yves Michel
-   La médecine africaine, une efficacité surprenante : témoignage d’une pionnière, 2004
SIDA, de l’échec à l’espérance : Le regard d’une scientifique, doctoresse et thérapeute traditionnelle, 2007
- Perles de sagesse de la médecine traditionnelle africaine, dernière édition en 2009

samedi 23 novembre 2013

"Echappées belles" sur France 5


L'équipe de france 5 est venue en septembre à l'Hôpital de Keur Massar. Le documentaire sur le Sénégal passe ce soir sur cette chaîne. 

C'est à Saint-Louis que Raphaël de Casabianca commence son périple à la découverte du Sénégal. 

Au sommaire :
- L'économie de la pêche
- La vie le long du fleuve
- Keur Massar et l'Hôpital traditionnel
- Les travailleurs du sel


IL est possible de revoir cette émission en rediffusion (consulter le programme sur France 5. Il est également possible pour certains pays de la voir en streaming.

jeudi 24 octobre 2013

"De l'urgence d'assainir la médecine et la pharmacopée traditionnelles"

Nous voulons signaler à nos lecteurs et lectrices cet article paru aujourd'hui sur les préoccupations générales  concernant la médecine et la pharmacopée traditionnelles et ses dérives dans notre pays, le Sénégal.

http://reussirbusiness.com/archives/1660

L'Hôpital Traditionnel de Keur Massar est cité en exemple, surtout en raison de  l'existence de son laboratoire de recherches et de production des mélanges de plantes, mélanges mis au point par le Docteur Parès pour certains, d'autres mis au point par des tradipraticiens sérieux et responsables.

Depuis le début du mois d'octobre, ce laboratoire est en pleine réfection pour être encore plus aéré, adapté aux exigences d'hygiène et de propreté lors des manipulations des plantes et efficace pour la recherche.

L'équipe de Keur Massar



dimanche 21 avril 2013

Bande-annonce du film sur Keur Massar

Voici la bande-annonce du film de Chantal Perrin sur le Docteur Yvette Parès et sur l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar. Elle est visible en cliquant sur le site ci-dessous.

http://fondationdenisguichard.com/spip.php?article90


"Nous sommes dans ces lieux à la fois dans le passé et l’avenir de l’humanité."
                              Professeur Gilles-Eric Séralini             

jeudi 14 mars 2013

Reportage de 1983

A voir ou à revoir, cette archive, sur l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar:  le reportage de TF1 retrouvé par notre amie Chantal Perrin dans les archives.

www.hopitalkeurmassar.com

http://rencontredesmedecines.org

Très émouvant de revoir les visages et le site de cette époque. 

Le montage du film de Chantal Perrin avance bien. Dès qu'il sera disponible, nous le ferons savoir.

Djibril Bâ

mardi 11 septembre 2012

Keur Massar, une pharmacie naturelle (traduction française)


Comme promis, voici la traduction de l'article d'il y a une semaine. Merci à Colette pour cette traduction!
Djibril Bâ

L’Afrique n’est pas un pays.

« Mis à part le nom géographique, l’Afrique n’existe pas. » disait Ryszard Kapucinski. Et de l’Europe, nous nous sommes habitués à simplifier sa réalité jusqu’à la rendre uniforme, pauvre, catastrophique et dépendante. Mais l’Afrique est un continent : 55 pays, mille millions de personnes, une multiplicité de mondes, d’ethnies, de voix, de cultures….Une Afrique hétérogène et riche, contée ici et là. Un blog de Lola Huete Machado. 


Keur Massar, une pharmacie naturelle.

        Djibril Bâ se meut dans ce chaos apparent de plantes, d’arbres et d’herbes médicinales, avec une grande habileté. « Regarde, c’est un baobab » dit-il « c’est un véritable arbre pharmaceutique. On s’approprie tout de lui: les feuilles, les semences, les fruits, l’écorce, les racines… et c'est pour cette raison que beaucoup de cultures africaines l’ont doté d’un caractère magique et disent que les esprits vivent en lui. Son développement est si lent que cet argument empêche les enfants de le détruire quand ils s’approchent de lui ». Nous sommes dans le jardin de l’Hôpital de Keur Massar, dont Djibril Bâ est le directeur. C’est un sanctuaire de la médecine traditionnelle africaine à seulement à 25 kilomètres de Dakar, un espace pour la sauvegarde et l’investigation de l’immense patrimoine naturel et thérapeutique de la flore africaine.

       Après avoir traversé l’éternel bouchon qui se forme quotidiennement à la sortie de Dakar, capitale du Sénégal, et après avoir subi les secousses  d'une route en construction, nous arrivons à l’Hôpital Traditionnel. Un mur blanc entoure l’espace qui se distingue beaucoup, dans son aspect, des cliniques occidentales. Il y a diverses constructions, toutes  sue un niveau, et nulle part on n’y rencontre de salles pour la maternité, pour la radiographie ou pour la chirurgie. Il y a un laboratoire, une petite pharmacie, une réception, une demi-dizaine de pièces pour s’occuper des patients dans l’intimité et, surtout, un immense jardin d’environ 5 hectares d’où proviennent les remèdes naturels pour une grande liste de maladies. Les plantes ici, plus de 250 espèces qui vivent ensemble dans cet espace, sont les grands acteurs du lieu.

       L’histoire de Keur Massar est liée de manière indissoluble à la forte personnalité de la scientifique française Yvette Parès. Docteur en médecine et en biologie, elle arrive au Sénégal en 1960 afin de donner des cours à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, le sac à dos plein de bonnes intentions, avec l’idée « d’apporter aux Africains des choses merveilleuses ». Mais son contact avec l’Afrique change les données et elle devient souveraine dans l’art d’apprendre. Première personne à cultiver le bacille de la lèpre, Parès se convertit, en 1975, en directrice du Centre d’investigations biologiques de cette maladie. Cela l’amène à questionner les thérapies proposées par la médecine occidentale, thérapies qu’elle considère comme décevantes. C’est alors qu’elle fait la connaissance de quelqu’un qui changera sa vie et sa perception de la science médicale, le guérisseur traditionnel peul Dadi Diallo. 


(Photo de José Naranjo. : Entrée de l’hôpital traditionnel de Keur Massar)    

       Le maître Diallo initie Parès aux thérapies alternatives contre la lèpre, thérapies à base de plantes africaines. Un monde nouveau s’ouvre à la scientifique. Avec une immense générosité, Diallo accepta d’introduire Parès dans le monde des plantes médicinales. « Ce fut un miracle ! » assurait la doctoresse, des années après, lors d’une entrevue. « Il est extraordinaire que les thérapeutes africains aient eu confiance en une étrangère, surtout vu ce que je représentais, c'est-à-dire, le pays colonisateur. Il y eut toute une série de circonstances qui permirent à ce que les grands maîtres sénégalais m’acceptent ».

       Ce furent quinze années de formation, en se levant chaque matin tôt, allant aux champs pour apprendre à identifier les plantes, recueillant des échantillons, préparant les remèdes, sachant reconnaître les maladies d’un coup d’œil et découvrant aussi la dimension mystique des thérapies des guérisseurs africains. Ce ne fut ni facile, ni rapide, Il y eut à surmonter le manque de confiance de certains des guérisseurs. Mais Yvette arriva à s’introduire dans un savoir antique qui s’était transmis de génération en génération. Et en 1980, ensemble avec Dadi Dallio et d’autres experts africains comme Yoro Bâ, directeur du jardin botanique de l’Université de Dakar, la scientifique réputée inaugurait l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar.

(Photo de José Naranjo: Djibril Bâ dans le jardin de l’Hôpital)

Dans un premier temps, ce fut un centre pour les lépreux. Pour cette raison, il fut choisi en un lieu éloigné de la ville et isolé pour éviter les contagions possibles. De même, il se construisit à l’intérieur de l’Hôpital, une petite école pour les enfants des malades (maintenant les enfants des cités de Keur Massar utilisent cette école et elle porte le nom d’Yvette Parès). Mais, rapidement, le traitement d’autres maladies a débuté: tuberculose, dermatose, hépatite, diabète, asthme, sinusite, rhumatisme, malaria, diarrhée, problèmes intestinaux, etc. Et le jardin commença à croître avec des plantes apportées non seulement de tous les coins du Sénégal, mais tout aussi bien d’autres pays de l’Afrique, y compris de bien loin.

(Photo de José Naranjo : Laboratoire de l’Hôpital de Keur Massar)

Dans le laboratoire, les travailleurs de l’Hôpital (ils sont une vingtaine) s’affairent à la préparation de petits sachets avec des plantes médicinales ou des feuilles séchées pour les infusions, tandis qu’à l’extérieur, à l’ombre des arbres, trois guérisseurs attendent la prochaine visite. Ce sont Moussa Ndyane de Podor, Alioune Ngom de Thiès et Hamady Diow de Matam, thérapeutes traditionnels, qui travaillent pour l’Hôpital. En même temps, ils contribuent avec leur expérience, à faire de ce lieu le centre majeur de phytothérapie de tout le Sénégal. Mais la situation de la médecine traditionnelle n'a pas encore vraiment évoluée. « La majorité continue à penser que la médecine occidentale détient toutes les réponses et, seulement quand ils ne trouvent pas de réponse, les patients viennent à Keur Massar. C’est dommage », assure Geneviève Baumann, présidente de l’ONG "Rencontre des médecines" , un des supports principaux de l’Hôpital.

Yvette Parès détecta le même problème dans les années quatre-vingt. La scientifique française généra une grande polémique en assurant qu’elle avait mis au point des remèdes naturels contre le SIDA. « Si les patients arrivent à temps, ils peuvent guérir», assurait ainsi Parès. Mais elle rencontra un énorme scepticisme de la part de la médecine occidentale. « Ils sont sceptiques parce que nous avons cru à l’idée que les occidentaux sont les meilleurs. Ils sont sceptiques par ignorance et non pas nécessairement par mauvaise volonté. Les occidentaux ont accompli un véritable lavage de cerveau sur les  gens. Afin de comprendre la médecine traditionnelle, il faut surmonter certaines barrières mentales érigées par notre éducation », insistait la scientifique.

(Photo de José Naranjo : Hamady Diow, Alioune Ngom et Moussa Ndiaye, guérisseurs)

Ces barrières, qui existent aussi pour beaucoup d’Africains, ont relégué la médecine traditionnelle à un plan secondaire ou tertiaire. À cause de cela, l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar a l’ambiance de ces lieux qui ont vécu de meilleurs moments, peut-être des heures de gloire. Mais la bataille n’est pas perdue. Outre de pouvoir compter sur un certain appui du gouvernement sénégalais, chaque année, des volontaires venus des différents coins du monde arrivent jusque-là, afin d’investiguer le pouvoir des plantes africaines. Le centre a réservé pour eux un espace avec des habitations, s’ils désirent s’installer sur le site de l’hôpital lui-même et s’ils cherchent à connaître son fonctionnement. Et d’Europe arrivent des demandes de plantes médicinales. De plus en plus.

Ainsi le désirait Yvette Parès, auteur de trois livres de divulgation : "La médecine africaine, une efficacité surprenante" (2004), " SIDA, de l’échec à l’espérance : le regard d’une scientifique, doctoresse et thérapeute traditionnelle" (2007), et "Perles de sagesse de la médecine traditionnelle" (2009), qui est paru il y a trois ans. Les guérisseurs de l’Hôpital, investiguant, questionnant et apprenant sans cesse - entre les plantes de menthe, la citronnelle, l’aloès véra, le noni, le basilic et les arbres d’anacarde qui peuplent le jardin de Keur Massar - continuent d'explorer l’esprit d’Yvette Parès.

Article de José Naranjo- 04 septembre 2012, « El Paìs ».


mardi 4 septembre 2012

Keur Massar, une pharmacie naturelle (version espagnole)

Notre ami - Bartomeo Adrover d'Apotecaris Solidaris . nous transmet cet article de José Naranjo, paru ce jour dans le blog d'El Païs, Merci, Tomeo, pour l'attention portée, encore et toujours, à Keur Massar!  Vous avez, cher lecteur, chère lectrice, l'outil de traduction dans un onglet sur la droite... même si... il est loin d'être parfait! Loin de là....

Djibril Bâ


África no es un país

"Salvo por el nombre geográfico, África no existe", decía Ryszard Kapucinski. Y sí, desde Europa, acostumbramos a simplificar su realidad hasta hacerla una y pobre, catastrófica y dependiente. Pero África es un continente: 55 países, mil millones de personas, multiplicidad de mundos, etnias, voces, culturas... África heterogénea y rica contada desde allí y desde aquí. Un blog coral de la mano de Lola Huete Machado.

Keur Massar, una farmacia natural
Por:  04 de septiembre de 2012
Djibril Bâ se mueve en este aparente caos de plantas, árboles y hierbas con una destreza singular. “Mira, esto es un baobab”, comenta, “es un auténtico árbol-farmacia. De él se aprovecha todo, las hojas, las semillas, los frutos, la corteza, las raíces… y por esta razón muchas culturas africanas lo han dotado de un carácter mágico y dicen que en él viven los espíritus. Como su crecimiento es tan lento, así impiden que los niños se acerquen y lo maten”. Estamos en el jardín del hospital de Keur Massar, del que Djibril Bâ es su director, un santuario de la medicina tradicional africana a sólo 25 kilómetros de Dakar, un espacio para la sanación y la investigación del inmenso patrimonio natural y terapéutico de la flora africana.
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Entrada del hospital tradicional de Keur Massar / José Naranjo
Tras atravesar el eterno atasco que se forma a diario a la salida de Dakar, la capital de Senegal, y dar algunos tumbos en una carretera en construcción, llegamos al hospital tradicional. Un muro blanco rodea el espacio, que dista mucho en su aspecto de las clínicas occidentales. Hay varias construcciones, todas de planta baja, y por ningún lado se atisban quirófanos, paritorios o salas de rayos X.Hay un laboratorio, sí, una pequeña farmacia, una recepción, media decena de cuartos para atender a los pacientes en la intimidad y, sobre todo, un inmenso jardín de unas cinco hectáreas de extensión de donde salen los remedios naturales para una larga lista de enfermedades. Porque aquí las plantas, las más de 250 especies que conviven en este espacio, son las grandes protagonistas.

La historia del hospital de Keur Massar está ligada de manera indisoluble a la fuerte personalidad de la científica francesa Yvette Parès. Doctora en Medicina y Biología, llega a Senegal en 1960 para dar clases en la Universidad Cheikh Anta Diop de Dakar y con la mochila llena de buenas intenciones, con la idea de “aportar a los africanos cosas maravillosas”. Pero su contacto con África trasmuta los papeles y pasa de ser maestra a aprendiz. Primera persona en cultivar el bacilo de la lepra, Parès se convierte, en 1975, en directora del Centro de Investigaciones Biológicas sobre esta enfermedad, lo que le lleva a cuestionarse las terapias propuestas por la medicina occidental, que considera decepcionantes. Entonces conoce a alguien que cambiará su vida y su percepción de la ciencia médica, el curandero tradicional peul Dadi Diallo.
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El “maestro” Diallo introduce a Parès en terapias alternativas contra la lepra, basadas en plantas africanas. Y a la científica se le abre un mundo nuevo. Con una inmensa generosidad, Diallo acepta introducir a Parès en el mundo de las plantas medicinales. “¡Fue un milagro!”, aseguraba la doctora años después en una entrevista, “es extraordinario que los terapeutas africanos hayan tenido confianza en una extranjera, sobre todo porque yo representaba, hay que decirlo, al país colonizador. Hubo toda una serie de circunstancias que permitieron que los grandes maestros senegaleses me aceptaran”.
Fueron quince años de formación, levantándose cada mañana temprano y yendo al campo para aprender a identificar las plantas, recogiendo muestras, preparando los remedios, sabiendo reconocer las enfermedades a un golpe de vista y descubriendo también la dimensión mística de las terapias de los curanderos africanos. No fue fácil ni rápido, tuvo que superar la desconfianza de los curanderos, pero Yvette logró introducirse en un saber antiguo que había ido pasando de una generación a otra. Y en 1980, junto a Dadi Diallo y otros expertos africanos como Yoro Bâ, director del jardín botánico de la Universidad de Dakar, la reputada científica inauguraba el hospital tradicional de Keur Massar. 
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Djibril Bâ en el jardín del hospital / José Naranjo
En un primer momento fue un centro para enfermos de lepra. Por eso se escogió un lugar alejado de la ciudad y aislado para evitar posibles contagios. Incluso se construyó dentro del hospital un pequeño colegio para los hijos de los enfermos (en la actualidad lo utilizan los niños del pueblo de Keur Massar y lleva el nombre de Yvette Parès). Pero pronto se empezaron a tratar allí otras enfermedades: tuberculosis, dermatosis, hepatitis, diabetes, asma, sinusitis, reumatismo, malaria, diarreas, problemas intestinales, etc. Y el jardín empezó a crecer con plantas traídas no solo de todos los rincones de Senegal, sino también de otros países de África e incluso de más allá.
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Laboratorio del hospital de Keur Massar / José Naranjo
En el laboratorio, los trabajadores del hospital (son una veintena) se afanan en la preparación de bolsitas con hierbas u hojas molidas para infusiones mientras en el exterior, a la sombra de los árboles, tres curanderos aguardan la próxima visita. Son Moussa Ndiaye, de Podor, Alioune Ngom, de Thiés, y Hamady Diow, de Matam, terapeutas tradicionales que trabajan para el hospital y que, al mismo tiempo, contribuyen con su experiencia para hacer de este lugar el mayor centro de fitoterapia de todo Senegal. No hay mucho movimiento. “La mayoría siguen pensando que la medicina occidental tiene todas las respuestas y sólo acuden a Keur Massar cuando no encuentran respuestas allí. Es una pena”, asegura Geneviève Baumann, presidenta de la ONG Encuentro de Medicinas, uno de los principales apoyos del hospital.
El mismo problema ya lo detectó Yvette Parès en los años ochenta. La científica francesa generó una gran polémica asegurando que había encontrado remedios naturales contra el SIDA. “Si vienen a tiempo, los pacientes pueden sanar”, aseguraba entonces Parès, pero se encontró con un enorme escepticismo de la medicina occidental. “Son escépticos porque hemos crecido en la idea de que los occidentales somos los mejores, son escépticos por ignorancia, no necesariamente por mala voluntad. Los occidentales han llevado a cabo un auténtico lavado de cerebro a la gente y para entender la medicina tradicional hay que superar ciertas barreras mentales construidas por nuestra educación”, insistía la científica.
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Hamady Diow, Alioune Ngom y Moussa Ndiaye, curanderos / José Naranjo
Esas barreras, que también existen para muchos africanos, han relegado a la medicina tradicional a un segundo o tercer plano. Quizás por eso, el hospital tradicional de Keur Massar tiene el ambiente de esos lugares que han vivido mejores momentos, quizás tiempos de gloria. Pero la batalla no está perdida. Además de contar con un cierto apoyo del Gobierno senegalés, cada año, becarios voluntarios venidos de distintos rincones del mundo se acercan hasta aquí para investigar el poder de las plantas africanas. El centro ha reservado un espacio con habitaciones para ellos si desean instalarse en el propio hospital y conocer de cerca su funcionamiento. Y de Europa llegan pedidos de plantas medicinales. Cada vez más.
Así lo quiso Yvette Parès, autora de tres libros de divulgación, La medicina africana, una eficacia sorprendente (2004), El SIDA, del fracaso a la esperanza: la mirada de una científica, doctora y terapeuta tradicional (2007) y Perlas de sabiduría de la medicina tradicional africana (2009), quien falleció hace dos años. Entre las plantas de menta, la citronela, el aloe vera, el noni, el basilisco o los árboles de anacardo que pueblan el jardín de Keur Massar, los curanderos del hospital aún aciertan a ver el espíritu de Yvette Parès, siempre investigando, siempre aprendiendo, siempre preguntando. 

mardi 29 mai 2012

"Terre à Terre"

Chers lecteurs, Chères lectrices de ce blog,


L'émission Terre à Terre - 7h05/8h00 -  sur France-Culture de ce prochain samedi (2 juin 2012) sera consacrée à Keur Massar. 


En voici le lien:
http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-hopital-traditionnel-de-keur-massar-2012-06-02





En effet, durant le Forum social de février 2011, madame Ruth Stégassy avait effectué plusieurs interview à Keur Massar consacrées à la médecine traditionnelle africaine, au Docteur Yvette Parès, au site même de Keur Massar en tant qu'Hôpital de Médecine Traditionnelle.




Djibril Bâ

vendredi 10 juin 2011

Journées de Mallorque

Pour tous ceux qui entendent la langue catalane, ce montage fait après les journées de coopération à Palma, montage que vous pouvez retrouver sur le site de l'association ASEMA (www.asema.cat).

Vous y trouverez également un excellent compte-rendu de ces journées d'avril.

Djibril Bâ

Infirmière Magazine

L'art médical africain à l'hôpital


"Dans la banlieue de Dakar, un hôpital a ouvert la voie à la reconnaissance de la médecine traditionnelle au Sénégal. D'abord centre anti-lèpre, la structure a évolué en centre de soins généralistes où la thérapeutique occidentale n'est pas exercée. Mais un encadrement légal serait nécessaire à la pratique des tradi-thérapeutes et tradi-infirmiers qui y officient."(p.16)









Ainsi commence l'article de six pages de Cécile Raimbeau, article paru dans le dernier numéro de "L'INFIRMIERE Magazine", bi mensuel (1 juin 2011) et article consacré à L'Hôpital Traditionnel de Keur Massar.


Cécile était venue en octobre 2010 accompagnée de Daniel Hérard, photographe. Ils avaient rencontré l'ensemble des collaborateurs ainsi que des visiteurs et des patients.










"Du chemin a tout de même été parcouru dans la reconnaissance de cette médecine si différente de la nôtre.


L'Union africaine a d'ailleurs décrété la période 2000-2010 comme la Décennie africaine de la médecine traditionnelle et des plantes médicinales.


II s'agissait de soutenir la recherche sur les plantes, la collaboration entre la médecine moderne et la médecine traditionnelle, la législation et la réglementation. Mais quel bilan dresser de cet encouragement ? Les spécialistes de la médecine africaine qui participaient au Forum social mondial de Dakar en février, ont certes approuvé « les efforts réalisés dans certains pays ». Ils ont salue l'exemple du Mali où il existe depuis 1994 un cadre juridique et réglementaire de la médecine traditionnelle. Ils ont aussi souligné tout ce qu'il reste à mettre en œuvre. Au Sénégal notamment. Un cadre juridique est toujours en gestation dans ce pays. (p.21)



Djibril Bâ


samedi 26 février 2011

Sangalkam: deuxième journée







Deuxième jour au centre du village de Sangalkam.













Cette fois, les intervenants de la médecine dite moderne (qu'on appelle ici la "médecine toubab") sont à peu près à leur poste de spécialisation.

L'Hôpital Traditionnel a déjà de l'habitude dans le savoir-faire sur place et intègre facilement deux nouveaux tradipraticiens (de garde hier à Keur Massar): Hamady et Moussa.

A l'accueil, Bernard et Djibril orientent et préparent les consultations des tradipraticiens ainsi que celles de Fabienne. Le flux des patients est plus fluide que celui d'hier, mais ne tarit pas. Beaucoup d'hommes, de femmes, de personnes âgées, de toutes les couches de la population.




Cheikh, le directeur, est le premier sur place et assiste avec de plus en plus d'efficacité Fabienne dans ses consultations homéopathiques et ses massages en anticipant les questions. La petite fille qui avait manqué l'école hier pour venir consulter et que Fabienne devait revoir s'est vu offrir un livre par ce maître d'école sensible et attentif...


Bala et Cheikh viennent passer quelques heures avec nous dans la matinée. Nous convenons de faire une évaluation à Keur Massar tous ensemble, lundi matin, avec toutes les parties, avant notre départ, pour tirer les leçons de cette expérience de sortir hors des murs.

Une radio locale, de grande audience, celle de Bambilore, effectue une émission en direct avec la participation de "Rencontre des Médecines" et programme déjà une nouvelle rencontre consacrée exclusivement à la Médecine traditionnelle en avril.


Geneviève Baumann pour Rencontre des Médecines


vendredi 18 février 2011

Nouveau site pour HTKM


Quelques photos encore de l'émission de France Culture enregistrée par Ruth qui visite le Jardin Botanique et qui interviewe Magueye Ngom et moi-même sur l'histoire de Keur Massar, la présence d'Yvette Parès et, bien sûr, l'importance de la médecine tradutionnelle.









































Sabine, médecin homéopathe en France, passe un long moment au laboratoire à échanger avec Yoro.














Cette semaine (mercredi), nous avons fêté, au Sénégal, la fête de Maouloud, que l'on appelle en wolof la fête du Gamou qui commémore la naissance du prophète. Nous devons fêter une seconde naissance désormais, celle du nouveau site de l'Hôpital Traditionnel qui est en ligne ou qui devrait l'être sous peu http://www.hopitalkeurmassar.com Certaines pages sont encore en construction, mais on voit déjà à quoi il ressemblera!






Merci infiniment à Marie-Hélène et à Anne à Paris d'avoir eu le souci de ce nouveau site....

Djibril Bâ