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L'entrée de l'Hôpital
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Une nouvelle année s’est ouverte depuis quelques jours. Que nos
meilleurs vœux de joie, de réussite, de paix et de bonne santé vous
accompagnent tout au long de cette année 2025 !
Selon notre habitude, c’est aussi le moment de vous entretenir de
l’année passée à travers un récapitulatif de faits marquants dans le
déroulement des activités au sein de l’Hôpital Traditionnel de Keur
Massar.
1. L’accès aux soins
L’Hôpital Traditionnel de Keur Massar reste toujours fidèle à la
vocation initiale de ses fondateurs, le Dr Yvette Parès et son bras droit,
Yoro Bâ, il y a 45 ans :
- Proposer une alternative thérapeutique crédible
- Vulgariser les
bienfaits de la pharmacopée
- Susciter des
vocations autour des métiers liés à la phytothérapie
- Impulser la
collaboration entre médecins et thérapeutes
En août 2023,
l’Hôpital a décidé de ne pas ouvrir le gîte et a décliné la possibilité de
recevoir des stagiaires, des classes ou des visiteurs/ami.e.s en raison de la
situation politique tendue au Sénégal et cela, jusqu’aux élections présidentielles de mars
2024.
Au cours de l’année 2024, malgré un environnement parfois
chaotique, un millier de nouveaux patients ont bénéficié de la consultation et
des traitements sur place. Nous avons
aussi observé une forte de demandes de traitements à partir de l’étranger
(Europe et Afrique de l’Ouest).
Nous avons compté 28 stagiaires (dont la plupart
sénégalais pendant la période de la fermeture du gîte) et des amis/stagiaires
venus d’horizons divers, suite à la
réouverture du gîte en mars 2024. Deux sage-femmes sénégalaises nous ont
particulièrement frappés par leur implication.
De nouveaux
traitements, de nouveaux protocoles sont régulièrement élaborés au niveau du
laboratoire ; d’autres sont améliorés et validés par les patients aussi
bien au Sénégal qu’en dehors du Sénégal. Nous avons pu maintenir le coût
modique des médicaments et favoriser ainsi l’accès aux traitements pour
certaines catégories des populations locales ou gratuits pour les personnes ou
les familles en situation de précarité.
Les nouvelles
autorités politiques élues en avril 2024 semblent vouloir œuvrer en faveur de
la médecine traditionnelle et de sa reconnaissance. Il est encore trop tôt pour
en dire plus.
2. L’accès à l’éducation
L’école primaire –
qui comptait 75 enfants en 2010 – s’est agrandie et voit son nombre s’élever à
188 élèves en 2024/25, élèves répartis sur 6 classes et deux sections du
préscolaire. Un cinquième des enfants est pris en charge gratuitement en raison
de situations familiales compliquées sur le plan financier. Le nombre d’élèves a un peu baissé depuis deux ans,
car un très grand nombre d’écoles privées et publiques se sont ouvertes dans la
zone à proximité.
Dans ce domaine de
l’éducation, les nouvelles autorités ont décidé de vérifier l’aptitude des
maîtres à enseigner avec l’obligation d’avoir un certificat « officiel ». Notre
école a été fondée quand l’Hôpital recueillait et prenait en charge 200
familles de lépreux dont les enfants n’avaient pas accès à l’école publique. La
presque totalité des maîtres/maîtresses a pu accéder à la reconnaissance
officielle, sauf un professeur qui est désormais investi de la charge de
surveillant. Cela nous a obligé à un salaire supplémentaire. En outre, nous
avons dû engager des démarches administratives pour la reconnaissance
officielle de l’école. Et ces différentes démarches ont eu un coût non
budgétisé et non négligeable.
3. L’accès à la culture et à la formation
Grâce aux dons reçus et au
travail des classes de Genève, venues deux années de suite, grâce à
l’investissement personnel d’ami.e.s venu.e.s passer leurs « vacances » ou un
temps de leur retraite à Keur Massar, nous avons pu ouvrir l’« Espace JOKKO » d’une surface de 100 m2 . Cet espace est un espace multi fonctionnel. Il a pu se
transformer en dortoir (pour les garçons de Genève), en laboratoire de
confection de cosmétiques à base de plantes (avec leur professeur de
SVT), en ateliers d’activités avec les enfants de l’école, en lieu de formation
et d’accueil de groupes, etc.
En mars-avril 2024,
les ami.e.s présent.e.s ont mis toute leur énergie à imaginer une belle et
grande bibliothèque, ont nettoyé, peint, trié les livres récoltés par les
élèves genevois, fait des fiches et un premier essai d’ouverture de la
bibliothèque s’est fait en mai. Succès immédiat.
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Arrivée des cartons de livres récoltés par l'association CASE
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Grâce au directeur de
l’école, Monsieur Gueye, un contact a été établi avec l’association CASE - Culture, Arts, Santé et Environnement - (www.casefr.org) et son fondateur, Monsieur Pierre Rousseau, qui
s’investit énormément dans la récolte de livres en région parisienne et qui
parvient à faire voyager les cartons de 30 kilos dans des conteneurs. Une
trentaine de cartons sont déjà arrivés début juin, immense cadeau pour JOKKO.
Toutes les classes (du CP au CM2) ont ainsi reçu des manuels pour chaque élève
en français et maths à la rentrée scolaire d’octobre. Il a fallu trouver de
nouveaux meubles de rangement pour les livres…. Deux familles ayant quitté
Dakar ont offert rayonnages, livres, jeux de société. Le 2 novembre, la
bibliothèque ouvrait ses portes, non seulement aux élèves de l’Ecole Yvette
Parès, mais aussi aux élèves d’autres écoles primaires, secondaires et
supérieures. En ce début janvier 2025 : 159 élèves sont inscrits ; 2300
ouvrages sont en prêt. Et nous attendons un grand don
des Editions Milan que Mr Rousseau se charge de faire transporter. Les élèves
de l’Ecole et des environs deviennent de vrais adeptes du livre…
Juste avant Noël, la bibliothèque
s’est transformée en salle de cinéma. Trois séances ont eu lieu pour une
cinquantaine d’enfants à chaque séance, avec un petit atelier philo à la suite
de la projection. Pendant les vacances de Noël, un premier atelier
écriture/peinture/collage a fait le plein d’élèves.
Régulièrement, des classes viennent écouter des contes pour l’amélioration du
français oral.
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Atelier écriture/peinture/collage pour faire écho à la Biennale de Dakar
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Plusieurs écoles du
voisinage ont demandé une offre de formation complémentaire pour leurs
professeurs (tous les niveaux) sur une grande question : comment rendre les
élèves plus actifs dans leurs apprentissages ? Une formation est déjà en place
chaque jeudi à Niacourab sur les mathématiques.
4. Le nouveau visage de l’Hôpital
- Un grand travail de peinture a été entrepris au niveau des salles de
consultation, du laboratoire, des locaux administratifs qui se sont habillés
d’un bel orangé entrecoupé du bleu des portes.
- Confections de nouvelles portes.
- Accessibilité facilitée pour les patients handicapés.
- Rénovation du portail d’entrée pour une meilleure visibilité de la rue
Tout cela n’a été possible que grâce aux dons reçus !
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Les salles de consultations
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5. Le jardin et l’hivernage (histoire à suivre…)
Le jardin subit
depuis 2021 les affres des inondations qui ont décimé l’essentiel de notre
patrimoine forestier. Les eaux sont régulièrement pompées. L’hivernage 2023 a
été plus clément, mais, malheureusement, en août/septembre 2024, quatre grosses
pluies ont noyé à nouveau une partie du jardin.
Cette fois, les autorités
semblent avoir pris l’exacte mesure du phénomène qui affecte désormais les
quartiers environnants en prévoyant la mise en place d’un bassin de rétention
d’eau jouxtant l’hôpital sur sa façade nord-est. Les travaux devraient débuter
incessamment.
6. Espace aménagé devant JOKKO, sous les arbres
L’idée fait son
chemin depuis quelques années : réaliser un espace de repos, lecture,
discussions, réunions, restauration… à l’entrée du jardin botanique, juste
devant l’espace Jokko. C’est un lieu à l’ombre, sous les arbres, proche des
livres, d’un point d’eau et… des toilettes !
Entre la fin des
pluies et les vacances de Noël, trois tables et leurs doubles bancs ont été
construits en béton (et restent « nature » pour l’instant) tandis que deux
jolis bancs sous la mosaïque JOKKO ont pu, eux aussi, être recouverts de
mosaïque en décembre 2024 par une amie spécialiste.
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Espace de lecture extérieur aménagé
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C’est ainsi que les
élèves – à la récré ou dans leur temps libre – viennent lire ou travailler, que
les personnes âgées ou les patients viennent y faire une pause, que les
visiteurs s’assoient et peuvent écouter l’histoire du lieu devant le monument
dédié à la mémoire du Professeur Parès…
Tout cela, chères amies, chers amis, n’a pu être réalisé que grâce à
vous, à votre engagement en temps, en énergie et en dons de livres, de
matériel, d’argent ! Un immense merci à chacune et à chacun de vous ! Les 28
collaborateurs qui travaillent sur le site sont extrêmement reconnaissants de
ce que vous y avez insufflé, de ce que vous y avez apporté comme idées et comme
possibilité de réalisations.
Nous espérons durant 2025 aller dans plusieurs
directions :
- Pour le jardin botanique : une fois le bassin de rétention d’eau créé par
l’Etat, il faudra décider une occupation plus rationnelle de l’espace avec
l’intervention de professionnels. Nous avons – au cours de l’année 2024 – mis
en place plusieurs pépinières de plantes, mais il reste beaucoup à faire pour
réhabiliter le jardin après les travaux que l’Etat va réaliser.
- La question de la sécurité des lieux. Keur Massar devenant de plus en plus peuplée, il est
parfois inquiétant de penser que les 4 hectares du site de l’Hôpital (avec laboratoire,
jardin, gîte, école, bibliothèque) est un espace vide la nuit ou les dimanches.
Bien sûr, il y a un gardien de nuit et un gardien de jour. Mais une réflexion
de plus en plus insistante (et plusieurs incidents) nous amène à penser à une
structure de gardiennage plus professionnelle. Et cela a un coût plus élevé que
la solution actuelle.
- Au vu des besoins et des demandes de formation, nous aimerions mettre en
place un système d’accueil de bénévoles,
retraités ou non, qui pourraient passer quelques semaines à partager expérience,
bonnes pratiques et sensibilité, notamment dans le domaine de la santé et de la
pédagogie, en rapport avec l’environnement ou les ressources du pays. Ils et
elles seraient logé.e.s gratuitement au gîte pendant leur séjour.
- En conséquence, nous aimerions agrandir
le gîte d’une ou deux chambres pour permettre l’accueil de stagiaires
(payants) et de bénévoles. Nous avons déjà quelques idées de transformation qui
pourraient avoir lieu durant les très longues vacances scolaires sénégalaises.
Ainsi, il reste encore beaucoup à faire …
Si vous souhaitez....
- continuer
à soutenir l’Hôpital, l’Ecole, le Jardin Botanique ou l’espace JOKKO avec ses
formations, nous vous proposons de faire un versement sur le compte de L’Arbre à Partage et d’indiquer l’affectation
de votre don. Tout don, petit ou grand, est le bienvenu !
- offrir
une partie de votre temps (en tant que bénévole)
ou si vous souhaitez faire un stage
- donner
ou transporter du matériel pédagogique, des livres (d’enfants) ou des vêtements
chauds pour les jeunes enfants
...merci de contacter htkm61@hotmail.com
Un immense merci à toutes et tous pour votre soutien, votre
intérêt à la survie et au développement du lieu ! Nous sommes convaincus
qu’il est essentiel qu’un tel lieu continue à vivre, pour la santé et
l’éducation!