mardi 25 juin 2013

La chronique du mardi au Jardin botanique: le Cordia sinensis



Le Cordia sinensis

C’est une espèce forestière des zones humides. On ne la retrouve guère que dans les jardins si bien que pour la plupart des gens, le Cordia sinensis est une plante introduite.

Elle se présente comme un arbre moyen au branchage touffu, un feuillage quasi permanent et une fructification volubile...

Elle se caractérise par des feuilles assez larges finement dentelées et rugueuses au toucher, une bonne odeur des fleurs et des fruits comestibles qui sont de petites baies orange à la pulpe sucrée et visqueuse à maturité.

La plante est très résistante aux termites. Son bois très dur se prête à maints usages en campagne. Son écorce sert à tresser des cordes et la très bonne odeur de ses racines est à l’origine de son usage comme encens.

Elle est également une source de fourrage.

La plante jouit d’une grande réputation mystérieuse. Peu de guérisseurs la nomment par son nom.

On emploie ses racines, son écorce, ses feuilles et ses fruits.

Elle est réputée astringente, anti-inflammatoire, abortive et antipaludéenne.

On l’emploie, plus précisément, contre les troubles gastriques, en bains de bouche, contre les bronchites et les dermatoses,

A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, le Cordia sinensis est une plante antilépreuse.

Djibril Bâ

mardi 18 juin 2013

La chronique du mardi au Jardin botanique: l'Asparagus africanus


L’ASPARAGUS AFRICANUS

C’est une espèce typiquement forestière qui se présente sous la forme d’une liane dressée et épineuse qui ne daube guère un tuteur auquel il s’agrippe pour atteindre une bonne hauteur.

La plante n’apparaît cependant qu’à l’approche de l’hivernage, la tige sort de terre et se couvre de feuilles. La plante vit le plus souvent en petites colonies formant des bosquets.

Le feuillage dense et fin est d’un très beau vert et disparaît très vite pour laisser la place à une floraison exubérante et très odorante tout le long des rameaux renvoyant l’image de tubes blancs composés de petites fleurs étoilées immaculées.

Ses fruits sont de petites baies qui virent du vert à l’orange puis au rouge avant de noircir à maturité.

Pendant la saison sèche elle ne subsiste que par son rhizome.

L’Asparagus ne passe que pour espèce médicinale. Elle est considérée comme plante noire et est d’une amertume prononcée.

On fait surtout état de ses propriétés stimulante, anti-inflammatoire et anti infectieuse.

A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, elle est également utilisée dans les cas d’hépatites et de calculs. 


Djibril Bâ




mardi 11 juin 2013

La chronique du mardi au Jardin botanique: le Commiphora africana


LE COMMIPHORA AFRICANA

C’est une espèce typiquement forestière, légèrement épineuse et au maigre feuillage. Son tronc se desquame en fines lamelles grises découvrant un tronc lisse et vert.

D’un très bel aspect, elle se présente le plus souvent en arbuste ou alors en petit arbre aux branches très ramifiées et retombantes. On l’emploie ainsi pour confectionner les haies vives.

C’est une espèce facilement multipliable se prêtant notamment au bouturage. Mais elle reste menacée du fait de la consommation abusive des jeunes plantules. Leurs racines sont gorgées d'eau et sont recherchés, à cet effet, par les jeunes bergers.

Les branchettes sont également très appréciées comme cure-dents. L’espèce produit de la gomme assimilée à de la myrrhe aux multiples propriétés (insecticide, aromatique et antiseptique) au commerce naguère prospère.

Sa floraison intervient juste après les premières pluies et de petites baies apparaissent après coup.

Le Commiphora est une plante médicinale. On emploie ses racines, écorces, branchettes, feuilles et baies.

Il fait l’objet de présupposés magico-religieux qui interdisent formellement l’usage de ses parties comme bois de chauffe et dictent son usage dans les maladies et autres troubles psychosomatiques ainsi qu’en pédiatrie et gynécologie.

C’est un cicatrisant, un pansement gastrique et un antivenimeux. On le crédite également de propriétés anti-inflammatoires et antipaludéennes.

A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, le Commiphora africana est une plante antilépreuse.

Nous signalons également la présence dans notre jardin d’une autre variété, le Commiphora pedunculata. On la confondrait en saison sèche facilement avec le Commiphora africana.

Les feuilles du Commiphora pedunculata sont effilées, duveteuses et adhérentes, mais aussi le branchage en est moins touffu. Et ne fait l’objet d’aucune application thérapeutique à l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar.

Djibril Bâ


mardi 4 juin 2013

La chronique du mardi au Jardin botanique:Sapotillier


Le Sapotillier


De son nom scientifique Achras sapota, c’est une espèce fruitière introduite depuis les Amériques.
C’est un bel arbre longiligne à latex, à la croissance très lente, au feuillage exubérant et permanent qui se retrouve principalement dans les concessions des grandes villes du littoral.
Le sapotillier est une plante très productive, très résistante et à la fois célèbre pour son ombrage  et ses fruits bruns foncés, à la chair fibreuse parfumée et excessivement sucrée.
Le fruit se prête à plusieurs usages culinaires. Il se consomme cru ou cuit mais encore en jus, confiture ou dans des sauces salées.
Il est riche en vitamines et minéraux. Il combat la diarrhée.
On lui rapporte plusieurs propriétés médicinales. Il est analgésique, anti-inflammatoire, astringent, sédatif et hypotenseur.

Djibril Bâ

mardi 28 mai 2013

La chronique du mardi au Jardin botanique: le Detarium microcarpum


LE DETARIUM MICROCARPUM

C’est une espèce typiquement forestière, fruitière, odorante et qui affriole les zones relativement humides.

Il présente les mêmes caractéristiques physiques que son homologue, le Detarium senegalense, avec lequel il ne diffère réellement que par les fruits.

Ses fruits sont comestibles, une fois secs. Ce sont de grosses noix aplaties et sphériques composées d’une coquille et d’un gros noyau enrobé d’une pulpe farineuse sucrée riche en vitamine C.

Ils font l’objet d’un commerce très intense et se singularisent par leur abondance car ils font partie des rares fruits du cru que l’on retrouve sur les marchés à longueur d’année.

Les noyaux, très durs, du fruit sont récupérés pour servir à confectionner des colliers, des jouets, des encensoirs et des encens insectifuges…

Son bois réputé très dur est apprécié par les charbonniers et les charpentiers des cases et sert aussi à la confection de manches d’outils.

On peut signaler également la difficulté de sa régénération assistée. De par notre expérience, les jeunes pousses sont systématiquement attaquées par les rongeurs, mais aussi survivent très aléatoirement à la saison sèche. C’est dire les efforts à déployer pour sa sauvegarde d’autant que les fruits sont cueillis de plus en plus tôt.

C’est une plante qui a une très bonne réputation auprès des tradipraticiens. Elle fait partie des espèces les plus commercialisées par les herboristes sur les marchés de Dakar.

On utilise les feuilles, les fruits, les racines, les écorces, les graines et la cendre de la plante.

Ses fruits sont couramment cités avec ceux du tamarinier comme préventifs de la méningite !

Le collier des noyaux est traditionnellement indiqué aux nourrissons de par son parfum et aussi son aptitude à fortifier le cou et prévenir la bourbouille. Et il passe encore pour contrepoison.

La plante entre dans le traitement d’une vaste panoplie de maladies : bilharziose, dermatose, diarrhée, toux, épilepsie et psychose, hémorroïdes, rhumatismes, infections uro-génitales et paludisme.

A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, le Detarium microcarpum est une plante antilépreuse.

Djibril Bâ


mardi 21 mai 2013

La chronique du mardi au jardin botanique: le Detarium senegalense


LE DETARIUM SENEGALENSE

C’est une espèce typiquement forestière et fruitière. Comme son homologue, le Detarium micricarpum, on le rencontre dans les zones  assez humides.

Ses fruits saisonniers sont des globes un peu aplatis entourés d’une coque contenant un gros noyau recouvert  d’une pulpe farineuse verdâtre sucrée, riche en vitamine C.

Ils  font l’objet d’un commerce intense. Contrairement à ceux du Detarium microcarpum, ils ne se consomment que frais.

Il faut toutefois attirer l’attention sur le fait que le Detarium senegalense subsiste en deux variétés dont les fruits de l’une sont très toxiques.

On reconnaît cette dernière, en considérant la profusion de fruits qui jonchent le sol au pied. Il nous semble aussi que l’espèce est plus verdoyante, car absolument rien ne touche aux différentes parties de la plante.

Le Detarium se singularise par un bois très dur et résistant aux termites.

Le Detarium senegalense est cependant davantage connu comme espèce simplement fruitière. Ses vertus thérapeutiques sont en tout cas très discrètes. Ses propriétés sont pratiquement les mêmes que celles du Detarium microcarpum.

Il est reconnu, en plus, comme antispasmodique, antianémique, antiseptique, déconstipant et anti infectieux (angine, bronchite), mais aussi comme plante diagnostic.

A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, le Detarium senegalense est une plante antilépreuse.

Djbril Bâ


mardi 14 mai 2013

La chronique du mardi au Jardin botanique: l'Opilia celtidifolia


L'Opilia celtidifolia


L'Opilia est une espèce typiquement forestière fruitière. C'est une liane au tronc fin, profondément strié par l'âge et qui se desquame. Elle peut atteindre la cime de son tuteur, quelle que soit la taille de ce dernier.


L'Opilia a une prédilection pour les sols argileux et les arbres épineux. Sa floraison jaune verdâtre dégage sans doute l'une des plus belles odeurs du monde végétal, pour ce que l'on en sait. Une odeur tout juste ineffable, non piquante, qui attire beaucoup de prédateurs (insectes et oiseaux) si bien que la fructification en est décevante !




Ses fruits sont de petites baies ovoïdes de couleur orange à maturité et sont composés principalement d'une graine entourée d'une fine pulpe (latex?) très sucrée.

C'est une espèce très rare peut-être à cause de l'usage de ses racines principalement, peut-être à cause de ses vertus médicinales innombrables.

On utilise aussi ses parties aériennes (tiges, feuilles et fruits). Nous retiendrons toutefois que c'est une plante noire, autrement dit, son excès n'est pas sans danger !

Sa vertu la plus répandue est celle de fortifiant/défatiguant (anti anorexique et vermifuge). On l'emploie aussi contre les gastrites, les hépatites, les maladies pulmonaires, le paludisme, les dermatoses, les infections génitales, les calculs urinaires, la stérilité et les œdèmes.




Enfin, l'on ne manquera pas de souligner que l'Opilia est considéré comme antidote et que, comme toute liane fruitière, elle est très efficace contre les vertiges.

A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, l'Opilia est une plante anti lépreuse.

Djibril Bâ