samedi 12 novembre 2011

Les amis de Keur Massar

Un voyage en Europe permet aussi de revoir les amis, surtout si on y reste une huitaine de jours, de revoir ceux qui ont découvert ce lieu, du temps de Madame Parès, ceux qui s'y sont liés à cette époque ou par la suite... et qui sont devenus, au fil du temps, si proches! 


Dans l'ordre du voyage...
  • En Suisse (où j'atterris) l'équipe de l'Arbre à Partage avec Monique et François Gautier (avec qui je peux échanger graines et conseils), Geneviève bien sûr à qui je remets du pain de singe pour ses élèves, Fabienne Okoekpen (qui me fait rencontrer son mari et son fils et qui me reçoit dans son cabinet)... Il n'y aura guère que Bernadette et que Christiane que je ne verrai pas puisqu'elle s'est envolée en Inde!





E


  • A Paris: Anne de Constantin, de la Fondation Denis Guichard, mais aussi Béatrice Milbert, Marie-Hélène Mudès que je rencontre enfin et qui a fait le nouveau site de l'Hôpital Traditionnel, Chantal Perrin et sa fille Blanche, cinéates, qui ont toujours la camera en main, Jeanine Larmand qui est venue spécialement à Paris... 
  • Entre repas, colloque, séances de travail, j'ai pu une nouvelle fois mesurer l'investissement de chacun, de chacune... Un seul regret, ne pas avoir vu Bruno... mais joie, durant le colloque d'avoir retrouvé pour quelques instants des visages connus!








  • A Dieulefit dans la Drôme enfin où je retrouve avec bonheur les seyilaabe jababus de longue date, ceux qui ont traversé le désert pour amener la camionnette, ceux qui ont financé le premier système d'arrosage du jardin botanique ainsi que le premier bassin et un groupe électrogène, ceux qui ont aménagé les premiers le lieu du gîte, ceux qui ont tourné les images sur Keur Massar en 2003, sur Yvette Parès... La liste serait longue de leur présence sans faille et si respectueuse de ce que nous sommes!

Joie de se retrouver en famille!
Deux jababus en plein effervescence!
  • Arnaud (explorateur) et Lycia, Nadège (du restaurant-magasin "La Drôme des Couleurs") Tortel et leurs parents, Thierry Robert, cinéaste... Ils ont maintenant époux et épouses, plusieurs enfants. Et je peux enfin mettre des visages sur les noms de Cécile, de Matthew et des enfants!  Et Bertrand et Elodie qui ont passé plusieurs semaines l'an dernier à Keur Massar! Et Marie qui vient passer en coup de vent lors du déjeuner chez les parents Tortel...

  • Les retrouver fut aussi l'occasion de nouvelles idées, de nouvelles perspectives pour Keur Massar. Ils ont bousculé leur programme pour passer un maximum de temps avec moi... J'en ai été immensément touché.
Là aussi, deux petits regrets, ne pas avoir vu Madame et Monsieur Fraisse qui soutiennent l'école depuis de nombreuses années et Claude qui, en faisant le tour du monde, s'est arrêté à Dakar plusieurs semaines... Ce sera pour une prochaine fois, j'espère!

Merci à vous tous, amis de Suisse ou de France! J'ai vu, senti, perçu, une fois de plus, votre attachement à ce lieu si particulier qu'est Keur Massar et combien ce lieu, même à distance, est présent dans vos pensées et dans vos préoccupations! Pour votre sens de la teranga à vous toutes et tous, un immense merci!

Déjà des souvenirs d'il y a quelques années à montrer aux enfants!
Djibril Bâ

vendredi 11 novembre 2011

IV Colloque de recherches sur le Vivant (Paris 22 octobre 2011)



Nous avons eu le grand privilège d'être invités au Quatrième Colloque de la Fondation Denis Guichard, colloque qui s'est tenu à paris le 22 octobre 2011 et de représenter ainsi l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar.






Ces rencontres furent extrêmement enrichissantes, d'une part, par les thèmes abordés, d'autre part, par la présence d'hommes et de femmes, chercheurs, médecins ou passionnés par ce qu'ils et elles font avec ce regard différent posé sur le vivant.




Les actes de ce passionnant Colloque seront annoncés sur ce blog lors de leur publication. Un immense merci à la Fondation Denis Guichard pour leur invitation!


Djibril Bâ

Le texte ci-dessous est repris du site de la Fondation Denis Guichard (www.fondationdenisguichard.com)





Quatrième colloque : Sauvegarder le Vivant (2011)

DE 10 H À 19 H SALLE WAGRAM, 39-41 AVENUE DE WAGRAM PARIS 75017


Le colloque Sauvegarder le Vivant s’est tenu à Paris le 22 octobre. Plutôt que de faire seulement le bilan de ce qui est menaçant, nous avons essayé ensemble d’envisager pour l’avenir des solutions issues à la fois du passé et de notre présent...
Nous le constatons chaque jour, nous sommes dans une situation de plus en plus inquiétante car le vivant lui-même se trouve en danger.

Depuis plus d’une cinquantaine d’années, la donne a changé avec l’irruption de la chimie. Une fertilité très admirée mais souvent trompeuse a été obtenue grâce aux techniques, aux engrais, aux pesticides et aux manipulations du Vivant. Les résultats étaient là, l’avenir s’annonçait radieux !

Mais l’avenir s’est obscurci : une pollution à tous les niveaux s’est insinuée partout, ternissant l’alliance tissée entre l’homme et sa Terre, entre l’homme et le Vivant.

L’univers de la santé semble souffrir d’un même mal. La chimie est devenue reine, obtenant de grands succès mais induisant bien souvent des nuisances et des souffrances. Celles-ci commencent à être mises aujourd’hui en évidence alors que tant d’autres solutions sont là, devant nous et à notre portée…

Quel sera donc notre avenir ? Est-il possible de nouer, et comment, cette nouvelle alliance qui nous permettra de sauver le Vivant ? Ces questions et leurs réponses ont été débattues lors de ce quatrième colloque.

mardi 8 novembre 2011

La chronique du mardi au jardin botanique: le Stereospernum Kunthianum

Le Stereospernum Kunthianum



C’est une espèce forestière qui se présente sous la forme d’un arbre longiligne dans les zones relativement humides. 






C’est pourquoi dans la moitié nord du Sénégal, on le retrouve dans les ravins et autres dépressions de terrains où l’eau de ruissellement stagne plus longtemps que d’habitude.

La plante se singularise par une floraison de couleur mauve pâle, abondante et magnifique!












Son surnom de bâton du sorcier, en wolof, rend compte avec éloquence des présupposés magiques qui entourent la plante dans certaines contrées du Sénégal. Elle est utilisée comme charme des cultures, à l’occasion des semailles et des récoltes, de la pêche et de la chasse. Mais aussi en guise de prévention chez les enfants au début de chaque saison des pluies. 

Elle est toutefois très reconnue dans la pharmacopée sénégalaise au regard de sa grande renommée dans le traitement du siti.  En voie externe et en voie interne. Siti? un nom fourre-tout ou une maladie spécifique ? Pour notre part, nous considérons le siti juste comme un terme générique qui désigne toute maladie se manifestant par des lésions cutanées, dermatologiques ou prurigineuses. 

L'action efficace de cette plante dans le cas de gastrites et de céphalées est spectaculaire.

A l’Hôpital traditionnel de Keur Massar, le stereospermum est avant tout une plante antilépreuse. Mais nous lui reconnaissons aussi des propriétés béchiques et anti-inflammatoires.

Djibril Bâ

mardi 1 novembre 2011

La chronique du mardi au jardin botanique: le Boscia senegalensis



BOSCIA SENEGALENSIS

Le Boscia est une espèce forestière fruitière. Fruitière dans la mesure où ses fruits (couleur jaune à maturité) font l’objet d’une consommation assez importante dans certaines zones. 

Ses graines sont un succédané de café et sont utilisées à l’occasion, en campagne, pour rendre l’eau potable.




Il se présente souvent en peuplement sous une forme buissonnante quoiqu’il puisse atteindre la taille d’un arbuste dans les ravins ou autres mares, dans la zone sahélienne.

C’est une plante médicinale très renommée.  Elle occupe une très bonne place dans la pharmacie familiale, celle des remèdes de Grand-Mère !

On utilise principalement ses feuilles et, en de rares occasions, les racines. Tant par voie interne que par voie externe.


On retiendra que c’est l’une des rares plantes dont l’usage des feuilles fraiches est expressément préconisé. En effet, écrasées, les feuilles fraiches libèrent une odeur forte de moutarde réputée résolutive, décongestionnante et anti-inflammatoire.

La plante est davantage reconnue comme remède de l’hémorroïde à l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar où on l’emploie aussi contre les IST, les rhumatismes et les dermatoses.

Ses vertus sont, en fait, beaucoup plus nombreuses. Elle est vermifuge, antiseptique. On l’utilise également dans les cas de gastrite ou de faiblesse ou de grande fatigue.    

Enfin, la plante sert d’insecticide et de désinfectant.

Djibril Bâ

mardi 25 octobre 2011

La chronique du mardi au jardin botanique: le Fagara Xanthoxyloides



Le Fagara Xanthoxyloides

C’est une espèce forestière que l’on retrouve dans la moitié nord du Sénégal aux abords des Niayes, zone relativement humide et comportant des sols argileux…

Elle se reconnaît à ses nombreuses épines à la pointe parfois recourbée comme celles du fromager (Ceiba pentandra).

En fait, les jeunes plantes disposent les épines sous la nervure centrale des feuilles et elles émigrent vers le tronc au fur et à mesure de la croissance de la plante.

Elle est menacée de disparition en raison de sa surexploitation à cause de sa grande utilité et ne subsiste guère plus qu’en petits arbustes, tantôt buissonnants, tantôt longilignes,  qui ont su trouver refuge dans les buissons de Capparis…

Elle se reconnaît par l’odeur particulière qui s’échappe de son bois et qui nous rappelle le fluor.

C’est une très belle plante de très grande renommée médicinale. Elle doit sa célébrité, sans aucun doute, à  sa vertu d’antidouleur.  Elle est surnommée, en effet,  "l’aspirine du pauvre ".

Il est de coutume de se servir des branchettes comme cure-dents pour l’hygiène buccodentaire et contre la rage dentaire. Il est reconnu comme antiinfectieux et vermifuge.

Elle est réputée aussi contre les hémorroïdes, les rhumatismes, les morsures de serpent et les oedèmes.

La phytothérapie moderne a mis en évidence son efficacité d’anticancéreux, d’antimicrobien et pour l’hygiène buccale. 


A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, le fagara est une plante de la lèpre qui entre aussi dans le traitement de la drépanocytose.   



Djibril Ba

mardi 18 octobre 2011

La chronique du mardi au jardin botanique: le Grewia bicolor


C’est une espèce forestière. Est-ce un arbre ou un arbuste…?

La question se pose d’autant plus que la surexploitation de la plante ne rend possible que l’observation d’individus sérieusement émondé…Et qu’il serait très intéressant de pouvoir considérer un sujet intact jusqu'à un certain âge.



L’espèce pousse dans les sols argileux, sur les termitières ou dans les lits des mares, dans le Sahel.

Le Grewia donne de petites baies comestibles après de petites fleurs jaunes. Il perd ses feuilles très rapidement, d’habitude, juste à la fin de la saison des pluies.
















C’est une plante très utile. Son bois dur sert à maints ouvrages dont la confection des fameux « yatu kel », ces bâtons qui sont des armes redoutables.

Les fibres de ses écorces sont des lianes utilisées comme ficelles et pour confectionner des cordes.

Il n’en reste pas moins que le Grewia est une plante médicinale de haute facture. Sa notoriété en tant que défatigant est bien assise.

On utilise plutôt les fibres de ses écorces qui, mélangées à l’eau, donnent une solution particulièrement visqueuse considérée comme émolliente, purgative/laxative et antivenimeuse.    

La solution est particulièrement réputée efficace contre les maux de ventre.

En gynécologie, le Grewia est préconisé pour faciliter les accouchements.

A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, le Grewia entre dans la composition de plusieurs remèdes …. en particulier contre les maladies de la circulation sanguine.

Djibril Bâ







mardi 11 octobre 2011

La chronique du mardi au jardin botanique: l'Anona senegalensis




ANONA SENEGALENSIS

Espèce forestière fruitière, Anona senegalensis, se présente dans  la savane sahélienne, généralement, sous forme buissonnante qui n’excède guère un mètre de hauteur. 


Ses fruits, de couleur orange à maturité, évoquent une forme miniaturisée du corossol ainsi que son arôme qui se rapproche également de celui de l’ananas.

Cette petite taille de la plante est symptomatique de la menace de disparition qui pèse sur l’Anona Senegalensis, dans le Sahel notamment. Ailleurs, en effet, on mentionne des sujets pouvant atteindre jusqu’à 6 m de hauteur !

En tous les cas, la plante se raréfie pour diverses raisons : ses vertus magiques,  sa surexploitation dûe à sa grande utilité, son défrichage par les paysans.

On ajoute qu’elle est difficilement multipliable de par notre expérience et elle pousse trop lentement !

Ses propriétés magiques reposeraient sur une étrangeté de la plante à savoir que ses feuilles sèches ne s’envolent pas et ont tendance plutôt à rester à son pied… Elle est alors utilisée comme charme mais aussi dans les rituels de protection et de prévention communautaire.

Sa surexploitation  procède de son usage comme caille-lait, de colle naturelle et de plante médicinale de premier ordre. On utilise sa sève pour colmater les fissures des canaris et des calebasses.

L’Anona est une plante très bien estimée dans la pharmacopée. On emploie ses racines, ses feuilles, ses fruits et ses branchettes.

Elle est particulièrement réputée comme remède des hémorroïdes…  Sans doute une preuve patente de la médecine des signatures dans le domaine traditionnel !!!

On lui reconnaît également des propriétés souvent contradictoires : elle est à la fois purgative et anti diarrhéique !

Elle est indiquée contre les enflures, les règles douloureuses, les maux de ventre, les rhumatismes, la stérilité et dans certains cas d’ophtalmie.


A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, nous l’utilisons contre les dermatoses, les IST et les hémorroïdes.

Elle y sert aussi de plante diagnostic, de également comme plante vermifuge, antiinfectieuse, antitussive et diurétique. 

En passant, c’est un excellent répulsif. Contre les reptiles et les poux, en particulier.


Djibril Bâ