mardi 17 juillet 2012

La chronique du mardi au jardin botanique: le frangipanier

LE FRANGIPANIER

Le frangipanier est une plante tropicale originaire de l’Amérique. Arbre ou arbuste ?  Il n’a été cependant introduit au Sénégal, tout comme en Afrique, que comme plante ornementale.

On distingue deux variétés le Plumeria alba (aux fleurs blanches) et le Plumeria rubra (aux fleurs présentant des nuances du rouge au blanc).

On remarque également qu’elle y devient de plus en plus rare dans les jardins. A quoi ce phénomène peut-il bien être dû ?

Ailleurs, en Asie par exemple, elle a été si bien adoptée qu’elle a été rebaptisée l’Arbre des Temples. Plantée autour des pagodes, ses fleurs sont une offrande recherchée pour Bouddha. Son emblème y est la pureté et son symbole, l’immortalité…

Encore appelée "Jasmin des Indes" ou "Tipanie de Tahiti", elle est un arbre fétiche dans les cimetières.

Le Frangipanier est très réputé pour le parfum fort agréable de ses fleurs qui évoquerait celui de la frangipane.

Mais il est aussi considéré comme plante médicinale traditionnelle. Ses racines, ses feuilles, ses fleurs et son latex sont utilisés à cet effet.

Sans oublier que de nos jours, l’huile essentielle tirée de ses fleurs au delà de ses applications cosmétiques connaît également un usage thérapeutique.

Selon les usages et en fonction des parties considérées, on fait appel à ses effets : purgatif, antiseptique, désinfectant, digestif, antibiotique, antivirale, astringent, dépuratif, antifongique, pectoral et émollient, antihelminthique, anti-irritant et calmant.

Il est utilisé aussi bien utilisé en traitement externe qu’interne.

L’Hôpital Traditionnel donne deux conseils :
1) faire très attention au latex très caustique
2) utiliser l’infusion des fleurs en bains tonifiants pour le corps ou le cuir chevelu.

Djibril Bâ

mardi 10 juillet 2012

La chronique du mardi au jardin botanique: les Vernonia


Les VERNONIA

1.  Le VERNONIA AMYGDALINA (et VERNONIA COLORATA)

Le Vernonia amygdalina est une espèce typiquement forestière au demeurant  facilement multipliable par bouturage. 


Elle pousse dans les endroits humides, les marécages notamment, et s'y présente sous la forme individuelle d’un arbuste au feuillage duveteux et persistant, en fortes colonies.

Elle est réputée pour l’amertume de sa feuille qui n’occulte pas toutefois sa valeur aromatique. Elle est ainsi un condiment apprécié dans maints plats locaux.

Elle bénéficie d’une bonne réputation en tant que plante médicinale  qui nous fait croire que nous sommes en présence d’une panacée végétale au regard de ses surnoms, à l’instar de sa consoeur, Vernonia colorata, « docteur » ou "guérit-tout ".

Cette dernière qui pousse plutôt sur la terre ferme est la plus couramment plantée dans les concessions familiales. Elle présente toutefois des propriétés parfaitement similaires au Vernonia amygdalina. Les seules différences qu’il y a lieu de retenir entre les deux variétés est que le Vernonia amygdalina a des feuilles duveteuses et que le Vernonia colorata acquiert plus de hauteur.

Elle est davantage employée contre les parasitoses intestinales, les problèmes gastro-intestinaux et digestifs,  les rhumatismes, le diabète, la faiblesse, le paludisme et la gale.

Néanmoins, on fait de plus en plus cas de ses vertus immunostimulantes et inhibitrices des cellules cancéreuses. Son usage est fortement conseillé dans les affections opportunistes du sida et dans les cas de douleurs chroniques.

On utilise le plus souvent ses racines ou feuilles.


2.  Le VERNONIA KOTSCHYANA 

Appelé le bouton violet, le Vernonia kotschyana est souvent assimilé à tort à une espèce ornementale. Plante à tubercule, elle squatte les zones humides et argileuses.  

C’est une espèce herbale forestière qui ne dépasse guère un mètre de hauteur.

Elle perd ses feuilles pendant la saison sèche et repousse à l’approche de l’hivernage fleurissant très vite. Domestiquée, elle se révèle particulièrement envahissante.

Les contours des feuilles sont finement ciselées et la fleur mauve fane tout aussi rapidement pour projeter des graines très légères portées  par un système de poils.

C’est une plante médicinale assez réputée. L’opinion courante la destine à la lutte contre les douleurs abdominales, les problèmes digestifs et les ulcères gastriques.

On l’utilise aussi contre les dermatoses ainsi que dans le cadre d’affections gynécologiques. .
  
A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, les Vernonia entrent dans la composition de nombreux remèdes.  

Djibril Bâ

mardi 3 juillet 2012

La chronique du mardi au jardin botanique: le Bauhinia rufescens



LE BAUHINIA RUFESCENS

C’est une espèce typiquement forestière de la zone sahélienne d’où elle se distingue par un feuillage et une floraison permanents qui, alliés à sa robustesse, suffisent à souligner son importance écologique et les présupposés magico-religieux dont elle s’accommode.

Identifiable sur tous les types de sol, elle s’y présente sous une belle forme buissonnante et produit des gousses en forme de spirales.
Ce qui en fait une excellente source de fourrage du bétail et explique à la fois la raréfaction de l’espèce et la difficulté d’en rencontrer un sujet indemne. On relèvera, par ailleurs, que sa régénération est ralentie par le fait que ses graines doivent être digérées par les animaux pour pouvoir germer.

Le bauhinia est réputé pour ses lianes utilisées pour tresser des cordes et ses écorces servent à tanner le cuir.
Le bauhinia reste tout de même une plante réputée en médecine traditionnelle qui la considère comme un antidote et l’associe à divers rites de fécondité et de protection.
On lui reconnaît, à cet effet, des propriétés fortifiante, antibiotique, fébrifuge, diurétique et anti diarrhéique. On l’utilise également contre les affections broncho-pulmonaires.

Selon la phytothérapie moderne, le bauhinia est très riche en antioxydants.


A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, le bauhinia est une plante antilépreuse.

Djibril Bâ

mardi 26 juin 2012

La chronique du mardi au jardin botanique: le Gros Thym

LE GROS THYM

De son nom latin, Plectranthus amboinicus, le gros thym est une essence aromatique tropicale à très forte odeur. Espèce introduite, elle est très rare au Sénégal. Bien entretenue, c’est une herbe à beau port et sa tige peut atteindre une bonne hauteur.

Facilement multipliable, elle se caractérise par un feuillage vert tendre, épais, gras et duveteux. Son utilisation culinaire n’occulte en rien ses vertus médicinales.


On l’ajoute, en effet, aux soupes pour les nouvelles mamans pour ses effets cicatrisant, galactogène et sédatif (surtout pour soulager les règles douloureuses et les rhumatismes).
Elle a également des effets remarqués contre la lithiase rénale.

On l’emploie couramment contre la grippe, les affections broncho-pulmonaires et comme dépuratif. Contre la fièvre aussi. Elle est reconnue comme plante antiépileptique.

Le gros thym est aussi réputé contre les dermatoses. Il prévient l’infection des plaies et apaise les douleurs consécutives aux piqûres d’insectes.

A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, on fait cas de ses propriétés vermifuge, digestive et calmante.

Djibril Bâ





mardi 19 juin 2012

La chronique du mardi au jardin botanique: le Pithecolobium dulce

Le Pithecolobium dulce

Appelé aussi Tamarin de Manille, c’est un arbre épineux fruitier. Fixateur d’azote, on attire toutefois l’attention sur son caractère particulièrement envahissant à cause notamment de la bonne germination des graines.

Sa croissance est rapide, son feuillage persistant et il résiste bien à la sècheresse.




Ses fruits sont des gousses tordues en spirales qui adoptent une couleur rouge à maturité. Ils peuvent être consommés crus.

Les graines contenues y sont enrobées d’une substance blanche sucrée.

Son écorce est signalée comme poison de pêche tout en servant au tannage.

Espèce tropicale introduite au Sénégal comme arbre d’ombrage et pratiquement visible uniquement dans des jardins botaniques, elle se prête tout aussi bien à la formation de haies ou comme bonne source de fourrage pour les animaux domestiques.

Le pithecolobium est utilisé en phytothérapie contre la fièvre, la dysenterie, les ulcères gastroduodénaux et les maux de dents.

On lui reconnaît également des propriétés abortive, tonique, antidiabétique,  anti-inflammatoire, astringente et antiseptique mais aussi hépato-protectrice.

A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, le pithecolobium est aussi une plante antilépreuse.


Djibril Bâ

mardi 12 juin 2012

La chronique du mardi au jardin botanique: l'Ocimum gratissimum



L’OCIMUM GRATISSIMUM

C’est une espèce aromatique introduite en Afrique, en provenance de l’Asie du Sud-Est.

A notre connaissance, ce basilic est le plus grand de sa famille. Il se distingue par sa taille mais aussi par la couleur plus délicate de son feuillage.

Dans les zones relativement peu humides, sa multiplication par bouturage peut être envisagée.

Elle s’est admirablement adaptée, on peut dire, au point qu’elle est le petit déjeuner préféré dans certains pays du Golfe de Guinée. Il va sans dire qu’elle est aussi considérée comme une plante médicinale










Comme toutes plantes aromatiques, son essence est particulièrement prisée. Laquelle, au delà de ses qualités répulsives, contre les moustiques notamment, est réputée stimulante, antibactérienne, digestive et calmante. Comme, du reste, les feuilles et sommités fleuries de la plante.








L’Ocimum gratissimum est une plante médicinale reconnue pour ses propriétés stimulante, digestive et antispasmodique. On l’emploie également comme antifongique et cicatrisant.

Elle fait ainsi l’objet de plusieurs applications médicales, par voie externe et interne, notamment contre les douleurs menstruelles et abdominales, affections gynécologiques, maux de dents, angine et diverses affections cutanées.

A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, l’Ocimum gratissimum est considérée également comme une plante antibiotique.

Djibril Bâ


mardi 5 juin 2012

Venir passer quelques semaines de formation...

L'été européen se profile à l'horizon. C'est le moment que choisissent de nombreux stagiaires pour venir passer quelques semaines à l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar. 








Nous avons la joie d'avoir parmi nous la première de ces stagiaires, Hortense qui poursuit des études de pharmacie à Lyon et qui partage notre quotidien au jardin botanique et au laboratoire.



Les échanges de nos pratiques sont toujours extrêmement précieux pour les collaborateurs de l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar. Nous nous réjouissons de recevoir bientôt Isabel de Montréal.

Djibril Bâ