mardi 15 février 2011

La chronique du mardi au jardin botanique: l'anacardier


C’est une plante fruitière. Domestique ou forestière ? Difficile de le préciser sinon que l’on peut retenir que le Anacardium occidentale est une espèce introduite qui s’est bien adaptée, elle aussi, au Sénégal, sur les zones du littoral, les Niayes en particulier, et en Casamance.






Elle se présente sous forme de grands arbres, toujours verts et ombragés. Le tapis de ses feuilles mortes est, en brousse, un refuge idéal pour les serpents.

Ailleurs, plus à l’intérieur des terres, on la rencontre plantée autour des vergers servant de brise vents.









Ses fruits torréfiés et décortiqués donnent la fameuse noix de cajou et une pomme – que l’on confond avec le fruit – à la pulpe juteuse et sucrée dont la fermentation donne une bière locale. Selon l’arbre, la pomme se présente sous deux couleurs principales : rouge et jaune.

La fumée provenant de la torréfaction des graines a la réputation de tuer les poulets.






Son tronc produit une résine provenant de l’exsudation de la plante. Le macéré de l’écorce donne une belle couleur rouge qui fait de l’anacardier une espèce de plus en plus utilisée en teinturerie.

En médecine, elle est surtout renommée pour ses propriétés fortifiantes et anti diarrhéiques. Il est un puissant cicatrisant, aussi.





A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, on utilise ses différentes parties citées contre les verrues, les maux de dents et contre les dermatoses. Mais aussi dans le traitement des problèmes de nerfs inhérents aux diabétiques et hypertendus.


Mais du fait de la « puissance » des effets, l’attention est attirée sur la prudence à observer pour toute tentative d’automédication à partir de cette plante.

Djibril Bâ


lundi 14 février 2011

La visite des amis


Cette semaine qui finit est marquée essentiellement par des visites d'amis ou d'amis de nos amis.

Visite des amis de notre grande amie Chantal Perrin, et par conséquent nos amis : Ruth, Olivier et Boldo de France-Culture pour faire découvrir l'Hôpital Traditionnel à travers une série d'interviews des intervenants sur les lieux. Des patients ont accepté de faire des témoignages.


Visite très agréable des amies de Sira : Sabine, Béatrice, rejointes par leurs amis (tiens...donc) James et Christine.



Visite enfin de notre maître, frère et ami, le Frère
Elie du Monastère de Keur Moussa venu "visiter", mais surtout superviser les travaux du jardin botanique de l'hôpital.

C'est qu'il est en droit de le faire, notre cher Frère, pour avoir voulu, dès le départ, nous accompagner de ses conseils fort utiles, partager avec nous son savoir intarissable et nous guider gracieusement dans l'installation du jardin botanique.






























Nous voudrions leur dire à tous et à toutes, ici et maintenant, merci pour leur intérêt, leur disponibilité, mais surtout pour leur ouverture ! Merci pour ces moments de partage qui témoignent une fois de plus, comme si besoin en était, que l'homme est, en vérité, le remède de l'homme !

Djibril Bâ

vendredi 11 février 2011

A l'entrée du jardin botanique....


Malgré la préparation intense des Journées de Sangalkam, l'Hôpital continue de se transformer avec cet objectif d'avoir la capacité d'accueillir des groupes de visiteurs ou d'élèves juste à l'entrée du jardin botanique.










Le vieux bâtiment en ruine a été démoli et l'ébauche d'une case à six côtés se dessine déjà sur le sol. Une case ouverte et couverte qui va permettre de se rencontrer, d'échanger avant de visiter le jardin, ou juste au retour, ou d'accueillir des personnes qui séjourneraient dans le gîte pour le repas, pour des rencontres...

Voilà, le projet devient déjà réalité avec les premières briques... Nous travaillons aussi au marquage et à une signalisation appropriée au coeur du jardin botanique.

Djibril Bâ

Au laboratoire


Beaucoup de plantes, beaucoup de poussière de plantes. Tout le monde se met autour de la table et met en sachet, en bocal, en flacon....

L'Hôpital a dû commander des plantes, des poudres pour assurer la production. Yoro a reçu quelques très belles racines, feuilles, écorces du nord.





















Djibril Bâ

jeudi 10 février 2011

Préparation des JMS de Sangalkam

Tout l'Hôpital s'active... Et au laboratoire, et au jardin botanique, et dans l'administration où les réunions avec tous les intervenants se tiennent pour préciser le profil de ces 23, 24 et 25 février dans la communauté rurale de Sangalkam.

Mercredi, Asbabacar est revenu à l'Hôpital traditionnel faire le point avec la direction, le laboratoire et Omar Sow qui a assisté à toutes les réunions préparatoires du projet. La population est informée de la participation de l'Hôpital Traditionnel aux côtés des médecines allopathiques et des spécialistes qui vont donner de leur temps pour accueillir cette population rurale.




Un peu plus tard, nouvelle rencontre avec tous les tradipraticiens, le laboratoire et la pharmacie. Là, Omar Sow et Djibril Bâ expliquent comment ces journées vont se dérouler: les postes de travail, l'accueil et l'orientation des patients, ...













Plus de 3150 produits et préparations diverses ont été nécessaires pour avoir un stock suffisant et répondre ainsi aux besoins de la population. Bien entendu, ces traitements seront gratuits, ainsi que les consultations.



En participant à ce projet, l'Hôpital agit ainsi dans la droite ligne des objectifs de l'Ong "Rencontre des Médecines": être à la fois un organisme préoccupé des besoins des populations et s'inscrire dans une ouverture sur la rencontre des médecines.

Merci à la Fondation Denis Guichard d'avoir permis la participation de l'Hôpital en finançant l'achat de matières premières pour la confection des traitements en grande quantité, la contribution aux frais généraux et un défraiment journalier pour les participants.

Geneviève Baumann, pour "Rencontre des Médecines"

mardi 8 février 2011

La chronique du mardi du jardin botanique: le caïlcédrat

LE CAILCEDRAT
C’est une espèce typiquement forestière. De son nom scientifique - Khaya Senegalensis - le caïlcédrat représente un des rares grands arbres de la zone sahélienne. Sa présence, dans cette zone relativement aride, procède sans doute d’une régénération assistée.


Pour s’en convaincre, nous noterons sa spontanéité dans les zones humides du Sud du Sénégal et la très grande considération dont il y fait l’objet de la part d’une bonne partie des populations. Son bois est le matériau privilégié pour confectionner statuettes et autres objets de culte païen.
On peut ajouter que le caïlcédrat a connu un coup de pouce du destin car, très tôt, il a été promu arbre de reboisement par les colons si bien qu'il subsiste encore de très beaux et très grands spécimens le long des artères des grandes villes comme Dakar ou Thiès.




Il n’empêche... il figure bel et bien aujourd’hui sur la liste des espèces dont l’existence est menacée. Si le caïlcédrat porte aussi le nom d’acajou du Sénégal, c’est en rapport à son bois qui est très prisé par les scieries locales.






C’est une plante renommée en médecine traditionnelle. On emploie le plus souvent ses écorces dont l’amertume sans égal a fini d’en faire une panacée, c'est-à-dire une plante à la fois diagnostic et entrant dans toutes les préparations médicamenteuses. Mais on utilise aussi sa résine et ses feuilles.

Cette amertume explique les vertus tonifiantes, vermifuges et abortives qui lui sont rattachées. Non sans oublier toutefois ses propriétés cicatrisantes, anti-diarrhéiques et désaccoutumantes.






La macération des écorces en bains donne aussi de très bons résultats contre les dermatoses.
A l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar, le caïlcédrat entre dans la composition de plusieurs remèdes anti-infectieux (Lèpre, Plaies, Ulcères, IST et Dermatoses).
La primauté est accordée à ses propriétés antibiotiques quand bien même il est prescrit, en association avec d’autres plantes, aux personnes souffrant de drépanocytose et de douleurs abdominales.
Il faut signaler que l’écorce est aussi toxique. Des avis autorisés signalent son usage comme poison d’ordalie. Mais n’est-il pas vrai que la différence entre un poison et un médicament est une affaire de dose ?

Djibril Bâ

vendredi 4 février 2011

Journée internationale de lutte contre la lèpre

Journée mondiale de lutte contre la lèpre: un projet de loi dans le circuit pour supprimer les villages de reclassement social







Le Sénégal a célébré hier, dimanche, la 58e édition de la journée internationale de lutte contre la lèpre.

Au cœur des préoccupations des acteurs et des décideurs dans cette croisade, l’abrogation de la loi 76-07 organisant les villages de reclassement social pour lépreux.

Dans la foulée, le ministre de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, en présidant la cérémonie officielle à Mballing, a annoncé qu’un projet de loi dans ce sens est initié par son département.

Mballing, village de reclassement social pour lépreux situé à 3 km au sud-ouest de la commune de Mbour, a accueilli hier la cérémonie officielle marquant la célébration au Sénégal de la 58e journée internationale de lutte contre la lèpre. Cette année, l’accent a été mis sur la lutte.


A l’entrée de Mballing, une large banderole sur la façade du poste de santé du village donne le ton : contre la discrimination. "La communauté se mobilise contre l’exclusion des malades" ... "Non à l’exclusion, oui à la réinsertion", peut-on aussi lire sur des tee-shirts.

Cette année, la célébration intervient dans un contexte marqué par une revendication sans cesse réitérée pour l’abrogation de la loi 76-03 portant statut et organisation des villages de reclassement social pour lépreux.


C’est d’abord Assane Kadam, chef de village de Mballing, qui lance le débat. "La loi d’orientation sociale est une épine pour l’expansion des villages de reclassement social. Nous demandons son abrogation avec toutes les implications qu’une telle option suppose. Les villages de reclassement social ont besoin de s’étendre et de se mettre au même niveau que les autres villages du Sénégal dans tous les domaines, ce qui implique une nouvelle approche pour les faire adapter au contexte socio-culturel", a-t-il dit.





Cheikh Gnig, au nom des jeunes, de renchérir :

"Nous sommes jeunes, nous ne devons pas être indexés comme des fils de malades. Nous vous demandons, Madame le Ministre de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, d’être notre interprète auprès du président de la République pour l’abrogation de la loi".


A sa suite, Thiéoulé Cissokho, président du Conseil rural de Malicounda, a apporté de l’eau à son moulin. Une conviction partagée par la représentante de l’Association allemande d’aide aux tuberculeux et aux lépreux (Dahw), Daniela Eich, qui estime que la lutte contre la lèpre devra désormais reposer sur une approche beaucoup plus centrée sur la lutte contre les mutilations.



Pape Mbar FAYE pour Walf Fadjiri (quotidien)






Mass Sall (école Yvette Parès) et Oumar Sow (tradipraticien à l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar) ont assisté à la 58ème édition des Journées internationales de lutte contre la lèpre.