

Seyilaabe: en langue peul, le mot signifie "les amis". Dans ce blog, la parole sera donc donnée aux amis de l'Hôpital Traditionnel de Keur Massar: ceux qui y travaillent toute l'année, ceux qui luttent pour que cet endroit vive, ceux qui viennent y passer quelques jours, ceux qui soutiennent de loin... Chaque mardi, une plante, un arbre, une herbe du Jardin Botanique de l'Hôpital Traditionnel seront présentés.
On lui reconnaît surtout une propriété anti-inflammatoire qui justifie son usage contre les hémorroïdes, en particulier. Il a aussi des propriétés antiseptiques et cicatrisantes.
Les cochers administrent le macéré des écorces à leurs chevaux pour les défatiguer rapidement.
Djibril Bâ
L'art médical africain à l'hôpital
"Dans la banlieue de Dakar, un hôpital a ouvert la voie à la reconnaissance de la médecine traditionnelle au Sénégal. D'abord centre anti-lèpre, la structure a évolué en centre de soins généralistes où la thérapeutique occidentale n'est pas exercée. Mais un encadrement légal serait nécessaire à la pratique des tradi-thérapeutes et tradi-infirmiers qui y officient."(p.16)
Ainsi commence l'article de six pages de Cécile Raimbeau, article paru dans le dernier numéro de "L'INFIRMIERE Magazine", bi mensuel (1 juin 2011) et article consacré à L'Hôpital Traditionnel de Keur Massar.
Cécile était venue en octobre 2010 accompagnée de Daniel Hérard, photographe. Ils avaient rencontré l'ensemble des collaborateurs ainsi que des visiteurs et des patients.
"Du chemin a tout de même été parcouru dans la reconnaissance de cette médecine si différente de la nôtre.
L'Union africaine a d'ailleurs décrété la période 2000-2010 comme la Décennie africaine de la médecine traditionnelle et des plantes médicinales.
II s'agissait de soutenir la recherche sur les plantes, la collaboration entre la médecine moderne et la médecine traditionnelle, la législation et la réglementation. Mais quel bilan dresser de cet encouragement ? Les spécialistes de la médecine africaine qui participaient au Forum social mondial de Dakar en février, ont certes approuvé « les efforts réalisés dans certains pays ». Ils ont salue l'exemple du Mali où il existe depuis 1994 un cadre juridique et réglementaire de la médecine traditionnelle. Ils ont aussi souligné tout ce qu'il reste à mettre en œuvre. Au Sénégal notamment. Un cadre juridique est toujours en gestation dans ce pays. (p.21)
Djibril Bâ
Au Sénégal, c’est une espèce au feuillage persistant et odorant introduite depuis l’Australie et qui a pendant longtemps occupé la place d’arbre fétiche dans les différentes campagnes officielles de reboisement en même temps qu’il faisait l’objet d’une exploitation industrielle.
La cause en est sa croissance rapide et son tronc droit qui a déterminé son choix par les industries consommatrices de bois: fabricantes d’allumettes ou utilisatrices de poteaux pour la distribution de l’énergie électrique, du téléphone ou de construction d’une part, et, d’autre part, pour lutter contre la déforestation avec la constitution de bois de village servant de réserve de bois de chauffe.
Jusqu’à ce que l’on se rende compte, récemment, de sa relative nocivité : ses feuilles mortes qui tapissent le sol sont nocives à la biodiversité, car elles ne laissent aucune autre plante pousser aux alentours.
Qui plus est, son entretien exigeant de grandes quantités d’eau, elle serait responsable de l’asséchement de la nappe phréatique.
Elle fut ainsi plantée dans certaines zones humides pour contribuer à leur assèchement notamment dans la lutte contre la malaria.
On rapporte, à ce propos, que les premiers colons en Israël en ont usé pour assécher les marécages… Ce qui, ma foi, pourrait être salutaire, dans la banlieue dakaroise en proie aux inondations depuis l’année 2005 !
C’est l’un des plus grands arbres du règne végétal; c’est sans doute aussi le genre qui dispose le plus de variétés. On ne dénombre pas moins de cinq cents espèces d’eucalyptus dont certaines peuvent atteindre cent mètres de hauteur !
Mais encore, au vu de certaines particularités relevées dans nos pépinières, chez certains eucalyptus à Keur massar, nous nous posons la question de savoir si les différentes variétés n’en viennent pas parfois à se croiser pour donner naissance à de nouvelles. Avis aux spécialistes…
La plante est considérée comme un répulsif naturel. On signale, en tout état de cause, la fumigation de ses feuilles pour chasser les moustiques.
L’eucalyptus est une plante aromatique et une plante médicinale.
Non seulement il est à la base de la préparation de maints sirops, pastilles et pâtes, mais encore on utilise l’huile essentielle tirée de ses feuilles qui a des propriétés antiseptique, antivirale, expectorante, analgésique et antioxydante, hémostatique et antirhumatismale.
On emploie tout aussi ses feuilles en tisane ou en bains contre les maux suivants : fièvre, rhumatismes, parasites intestinaux, tuberculose, bronchite, asthme, emphysème, otite, sinusite, pleurésie, abcès du poumon, anémie, colibacillose, asthénie, diabète, rhume, toux, inflammation de la bouche, plaie, grippe et dermatoses.